PIERRE YVES HELOU « DOUCE ERRANCE », RDV NANTES

Douce errance, exposition de Pierre-Yves Hélou, à la galerie RDV

Douce errance : Pierre Yves Hélou / Jusqu’au 22 novembre 2014 / galerie RDV, Nantes

Derniers jours pour découvrir l’expérience géométrique proposée par l’artiste plasticien Pierre Yves Hélou à la galerie RDV de Nantes.

« Si le réel est, ce contre quoi l’on se cogne, il est aussi ce contre quoi l’on doit se cogner, ce que l’on taille, découpe […] reproduit, agrandit, modifie. »[1]

Pierre-Yves Hélou nous présente cette version du réel à travers un projet de neuf paysages qui émergent des murs et du sol de la galerie, tels des îlots autour desquels nous évoluons en nous efforçant de ne pas nous y heurter. L’artiste a su créer une sensation d’équilibre précaire si forte que notre errance parmi ses compositions, devient minutieuse et presque périlleuse. Attentif à ce qui l’entoure, Pierre-Yves Hélou fabrique ses propres alliages de matériaux par association. Il se transforme en véritable alchimiste de la construction de sculptures-paysages.

L’artiste connaît bien le réel, il le travaille et le modélise, en le reproduisant par la photographie, en l’agrandissant et en le modifiant par la géométrie, en cassant sa Palissade #2 ou encore en installant un Paravent #3. Il s’est tant cogné à ce réel que des fragments de matières se sont décroché dans l’espace. Pierre-Yves Hélou décide alors de les rassembler à différentes échelles en inversant les repères visuels habituels. Il manipule cette matière brute tel un origamiste et devient ainsi créateur d’espaces uniques. C’est dans cet univers pragmatique que de nouveaux horizons se fabriquent et apparaissent dans la galerie.

Douce errance, l’équilibre des matières ou les nouveaux paysages
Les réalisations de l’artiste rappellent les panoramas urbains des grandes villes d’où s’élèvent les buildings, mais aussi les chaînes de pics montagneux. Pierre-Yves Hélou devient sculpteur d’espaces, de paysages accidentés, d’équilibres géométriques et de façades composées. Il semble fixer sa propre logique d’assemblage par l’équilibre en utilisant des matériaux de base usités lors du montage d’exposition. Il révolutionne la place des éléments de construction qui se délestent de leur fonction de cimaise, cloison, caisson, socle ou cadre, le temps d’une exposition.

L’artiste propose une esthétique inspirée des moments de constructions, lieux de transformations par excellence, espaces entre-deux et interstices parfaits où se glisse la forme artistique. Il travaille le chantier dans sa nature géométrique pure, vidé de ses ouvriers, de ses bruits, de ses odeurs et ses sensations poussiéreuses. Pierre-Yves Hélou présente ce work in progress, cette phase de transition, comme une finalité. Enfin un chantier « ouvert au public » !

Les matériaux sont récoltés, superposés ; ils se côtoient et cohabitent pour façonner des compositions où la matière reste vierge de toute transformation par les enduits, peintures et colles. L’artiste semble porter une attention particulière à chaque élément qu’il utilise et il nous fait partager cette proximité dans l’exposition, Douce errance.

Au fur et à mesure des accumulations de matière de Pierre-Yves Hélou une sédimentation géométrique apparaît. Les images d’une archéologie et les strates des étapes de création sont mises à nue. Nous parcourons les compositions de l’artiste à la recherche d’histoires dissimulées dans les éléments. Les rescapés des constructions sont délicatement sacralisés dans l’espace et deviennent des personnages de l’histoire de Pierre-Yves Hélou. Il nous la raconte visuellement et à travers les titres qu’il donne à ses œuvres. L’artiste nous livre une aventure d’escalade. À chaque étape de cette Douce errance, nous pouvons nous arrêter pour contempler les paysages. Nous partageons l’Ascension #10 de l’artiste, les instants de Répit où il doit reprendre de l’À plomb #2 et les moments d’encouragement personnel, Qui peut le plus….#2. Pierre-Yves Hélou gravit sa montagne en se heurtant à certains obstacles, se demandant, Mais qu’est-ce que ça fout là ?

Il nous propose un nouveau regard, un panorama insolite, sur la perception des paysages contemporains. De nouveaux horizons s’offrent à nous, prenons alors le temps de la contemplation jusqu’à l’évasion.

Léo Bioret

[1] Anne Bonnin, « La matière du possible », in Zero deux, 2009

Douce errance, exposition de Pierre-Yves Hélou, à la galerie RDV

Douce errance, exposition de Pierre-Yves Hélou, à la galerie RDV

Visuels :
© Christian Chauvet, Pierre-Yves Hélou, Mais qu’est-ce que ça fout là, 2014, galerie RDV
© Christian Chauvet, Pierre-Yves Hélou, vue de l’exposition, galerie RDV
© Christian Chauvet, Pierre-Yves Hélou, Qui peut le plus…#2, 2014, galerie RDV

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