ROCÍO MOLINA : « BOSQUE ARDORA » , QUAND LA DANSE RENCONTRE SA VRAIE NATURE

jean barak 2014

FESTIVAL FLAMENCO NÎMES : ROCIO MOLINA, « Bosque ardora » / Samedi 24 janvier, dimanche 25 janvier 2015 – Théâtre Bernadette Lafont – Nîmes / Samedi 14, dimanche 15 mars 2015 – Théâtre National de Chaillot – Paris / Durée 1h30 environ.

Pour son festival flamenco 2015, le théâtre de Nîmes a accueilli la bombe des bailaora Rocío Molina et sa création Bosque Ardora (Forêt brûlante) pour 3 danseurs et 6 musiciens. Que des hommes, mis à part la maîtresse de ce conte pour adultes qui enchante la scène et joue avec ses mâles en prédatrice endiablée. Comme un avant-goût des enjeux qui vont suivre, le spectacle s’ouvre sur une vidéo au souffle haletant où il est question de nature, celle de l’homme et plus encore de l’homme-animal. Rocío Molina, née en 1984 à Málaga, la plus jeune récompensée du Prix national de Danse (2010) entre en chasse. Elle cherche chez elle et chez l’autre la jonction, le lien digne de l’humain et de la bête. Alors oui évidemment, il s’agira de domination, d’instincts : de sexualité.

Sous son masque de renard la chasseresse nous embarque dans une danse osée, séductrice et surtout transgenre. Mêlant fluidité et impulsion, autrement dit entre flamenco, jazz et danse contemporaine, Rocío Molina avec ses danseurs Eduardo Guerrero et David Coria détourne les codes du flamenco pour nous bousculer dans un ensemble absolument maîtrisé et efficace. Tel est le cas aussi de la musique et de ses instruments comme les trombones, surprenants, déroutants. Le son épouse et anime les corps pour un final où les jambes femelles qui dans la narration approchent la mort nous font toucher en vrai à la transe.

Ainsi dans cette forêt enflammée se dévoile ce que peut être la danse ô combien technique mais non-domestiquée. Que ce soit dans sa robe en lambeaux ou dans son mini-short, pieds nus ou en talons aiguilles, la danseuse expulse les us du beau, du bien, pour entrer sans exubérance dans l’essentiel. Et au bout du fil, nous oublions l’histoire, sa part de sexisme et ses simulacres de relations érotiques. Parce que la danse explose, elle libère une émotion pure et sauvage agréablement communicante. À voir sans modération.

Aude Courtiel

BOSQUE ARDORA, coproduit par le théâtre de Nîmes
Direction et chorégraphie Rocío Molina
Direction artistique et dramaturgie Rocío Molina et Mateo Feijoo
Direction musicale Rosario Guerrero
Avec
Rocío Molina, Eduardo Guerrero et Fernando Jiménez danse, Eduardo Trassierra guitare, José Angel Carmona chant, José Manuel Ramos « Oruco » palmas et compás, Pablo Martín Jones percussions,
José Vicente Ortega Sierra et Agustín Orozco trombones

(photo Jean Barak)

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