FLAMENCAS DE EXTRAMADURA : POR DERECHO

Celia_RomeroCopyright_Emilio_Garcia

FESTIVAL FLAMENCO NÎMES 2015 : Flamencas de Extremadura / mardi 20 janvier 2015;

Pour la quatrième année, le Festival de Flamenco de Nîmes proposait de faire découvrir les fortes têtes du flamenco extremeño, moins connues et médiatisées que les artistes sévillans, madrilènes ou catalans (toutes disciplines confondues) mais tout aussi intéressants. Présentée mardi 20 janvier 2015, la soirée commence à 22h30 et n’en aurait pas fini si le rideau ne s’était pas baissé afin de séparer la salle comble des nombreux artistes. Malgré tout, on entend bien que ça continue de vivre derrière le rideau !

A Nîmes, la danseurs et chanteurs sont dans leurs petits souliers. Vernis et avec talons, comme le veut la pratique du Flamenco. En effet, les artistes ont de quoi être ravis : le public est au rendez-vous et acclame toutes les propositions, malgré des prix de places relativement chers et des artistes plus ou moins novateurs et/ou aguerris.

La soirée d’Estrémadure se montre à la hauteur car l’envie, la jouissance et le plaisir sont contagieux. Les chanteuses Celia Romero, Raquel Cantero et Inma Rivero ainsi que la danseuse Zaira Santos mettent le feu à la petite salle de l’Odéon, ancien cinéma au charme désuet qui convient parfaitement à cette soirée. Certains chants sont un peu frais, les palmas pas toujours au point, la régie son catastrophique mais le verbe est là, la présence scénique à son paroxysme et le public chauffé à bloc. La jeunesse revendiquée et vivante fait jaillir les larmes de Célia Romero et de Raquel Cantero pour éteindre le feu qui brûle les âmes. Souffle l’impossible vent de la libre jeunesse qui nous emporte avec elle, sans prétentions, sans réinventions, mais avec ferveur et dignité.

Moins digne mais tout aussi fière, Zaira Santos mange la scène avec ses gestes brutaux de sorcière du Flamenco. La bruja porte des robes comme Rosy de Palma porte son visage et nous régale d’une danse joyeuse, enragée, festive. Elle danse pour se sortir le serpent du cœur : les spectateurs sont fascinés, c’est à dire emplis d’un égal mélange de peur et d’attraction. Dans la danse bien sûr, mais aussi dans le chant, on pourrait couper le son et avoir l’impression de ne rien perdre, tant l’inspiration passe aussi par les corps : le visage et les mains brandissent bien haut l’énergie du désespoir. Ces femmes-là sont autant chanteuses que conteuses et dansent autant qu’elles narrent leurs histoires.

A Nîmes, face à tant de vitalité, les spectateurs sont dans leurs petits souliers. Vernis et avec talons.

Bruno Paternot

Chant Celia Romero et Raquel Cantero
Danse Zaira Santos, accompagnée au chant par Inma Rivero
Guitares Francis Pinto et Ramón Amador
Palmas y compás Pilar García et Miriam Cantero

Visuel : la cantaora Celia Romero / Photo Emilio Garcia

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