69e FESTIVAL D’AVIGNON : PY PERSISTE ET SIGNE

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PROGRAMME DU FESTIVAL D’AVIGNON 2015. 69e édition, 4-25 juillet 2015, Avignon.

Hélas, trois fois hélas. Rarement nous n’aurons vu au programme de ce qui était jusqu’alors le si prestigieux et international festival d’Avignon pareille affiche, aussi peu consistante, aussi peu contemporaine, aussi anachronique. Olivier Py a non seulement réitéré sa désastreuse propension à programmer à contre-sens, mais il semble même se délecter -comme par provocation- à enfoncer le clou de la réaction et du repli, faisant de ce 69e festival d’Avignon l’étendard du théâtre provincial, qu’il fût de France, du Caire ou de Beyrouth…

Bref, Olivier Py nous refait 2014, mais en pire, si tant est que cela soit possible. Un désastre pour l’image de ce festival à la notoriété mondiale, qui avait su construire une réputation d’excellence et d’exigence, image désormais anéantie par deux coups de butoir successifs, qui le laissent exsangue, vidé de sa substance et de son essence même.

Le Festival d’Avignon est devenu le festival des copains. Passons sur l’auto-programmation par deux fois des oeuvres du maître -provisoire- des lieux : Le Roi Lear et Hacia la alegria (Vers la joie, la mal-nommée). Au menu, que voit-on ? Berling, Renucci, Fanny Ardant, Isabelle Hupert, Preljocaj, Fabrice Lambert… certes « compensés », pour faire un peu plus « contemporain », par un Valère Novarina, un Krystian Lupa ou un Ostermeier (Que vient-il faire encore dans cette galère, lui pour qui cela s’était plutôt mal passé l’an dernier ?).

Du théâtre « à texte », certes, et de la « danse » bien propre. De la programmation grand public et racoleuse, destinée, sinon à renouer avec l’esprit de Vilar dont Olivier Py aime tant à se réclamer, au moins à aspirer de la recette sonnante et trébuchante… Bref, un programme pour tous, vraiment tous, y compris le blaireau lambda de Châteaurenard (qui souvent vote FN d’ailleurs, Olivier Py le sait-il ?).

Et que dire des auteurs convoqués dans cette 69e édition : Shakespeare évidemment, Strindberg bien sûr, Thomas Bernhard, Alfred Jarry (sic), Botho Strauss, Kamel Daoud… Bref, la jeune littérature en pointe, novatrice et expérimentale.

Quant à la Danse, qui n’a jamais été la tasse de thé d’Olivier Py, hélas, outre les sus-nommés, dont on s’accordera qu’il ne bouleverseront jamais leur discipline, l’on sera tout de même curieux de suivre Eszter Salamon ou Hofesh Shechter, petites consolations sans doute dans ce programme singulièrement vidé de Danse et de Performance, deux arts que le directeur 2014-2015 du Festival voue certainement aux gémonies. Trop contemporains, pas assez vieille France…

Tout de même, on se consolera avec quelques éclairs singuliers, ils sont peu nombreux, émergeant de ce marécage navrant par leur acuité de proposition : ainsi, outre Novarina, Ostermeier et Lupa sans doute, de la Winter Family, de Tiago Rodrigues peut-être, de Benjamin Verdonck, de Claudio Tolcachir ou de Stereoptik.

Marc Roudier

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