« COOL / AS A STATE OF MIND », MAMO, MARSEILLE

EXPOSITION DU MAMO

COOL / As a State of Mind / MAMO, Centre d’art de la Cité Radieuse, Marseille / 14.02. — 26.04.2015.

Avec « COOL – As a State of Mind », Charlotte Cosson & Emmanuelle Luciani se sont emparées de l’espace du centre d’art le MAMO pour composer une exposition qui plonge le spectateur dans une ambiance invitant à la déambulation. Au premier regard, les œuvres semblent offrir un désir d’ailleurs, un exotisme. Au delà, celles-ci témoignent d’une société marquée par le cool. Les commissaires analysent ce comportement de détachement vis à vis de la société comme un mouvement permanent indissociable des États-Unis.

Ici, le cool contemporain apparaît comme une rencontre de la culture basse et de la haute culture ; et de la banalité des objets, les artistes font émerger une certaine beauté. Les œuvres, aux symboles américains, de Sterling Ruby et d’Ed Ruscha véhiculent un mythe qui s’effondre. Les colonnes d’Urs Fischer expriment également la fragilité de cette société. Les sculptures Human Skin in Rocks I de Rachel de Joodesont composées de formes en déliquescence, sur lesquelles sont disposées des images de fragments de corps. Ici, celles-ci symbolisent l’avènement d’une rupture, une société marquée par le consumérisme qui tend à s’effondrer.

L’élément aquatique est aussi très présent dans l’exposition et évoque l’ailleurs. La sculpture de Mike Kelley s’apparente à une ville quasi magmatique, telle une ruine après la catastrophe. On peut y voir une référence au mythe de l’Atlantide. Un écho formel se fait avec l’œuvre Conquête et Karnaval de Gaëlle Choisne et avec celle de Dwyer Kilcollin, qui semble provenir d’une fouille sous-marine. Créée in situ, l’œuvre d’Estrid Lutz et Émile Mold évoque une forme mi organique mi minéral. Si elle suggère une île, elle traduit le cycle du vivant. Alan Fertil & Damien Teixidor ont eux, créé une tente, qui fait écho à la culture tiki. A l’intérieur, on y découvre des aquariums et des plantes vertes ; les artistes dénoncent l’exotisme sur commande et la volonté d’entretenir un fantasme. Les formes organiques et tortueuses créent ici un parallèle entre cette attitude et le baroque tout en exprimant la fragilité du monde.

Face à cette société qui évolue vers le tout numérique, des artistes interrogent également un monde qui se dématérialise. David Horvitz et Aoto Oouchi s’attachent à mettre en lumière l’avènement du virtuel. D’autres artistes privilégient la mise en vue du travail manuel. Joel Kyack a conçu une installation où on le voit tourner en voiture. L’écran est prolongé en peinture ; cette esthétique home-made renoue avec la matérialité. Cette recherche se retrouve dans les travaux de Rachel de Joode & Kate Steciw. Dans Open for business, elles révèlent les modes de production de l’œuvre.

Les deux commissaires ont ainsi réunit un panel d’artistes de différentes générations et mettent en évidence leur filiation idéologique. Aux côtés des œuvres de Paul McCarthy et de Pipilotti Rist, on découvre des dessins du jeune artiste Josh Atlas. La force de cette exposition tient à tous les questionnements qui s’en dégagent. Si les œuvres nous transportent dans un ailleurs, enchanté, elles obligent un approfondir le regard et à ne pas se fier à leur apparence. Il faut prendre le temps de les décrypter pour aborder la réflexion ouverte et complexe sur notre société qu’elles cachent.

Pauline Lisowski

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

  • Mots-clefs

  • Archives