CAROLINE BERGVALL, LOVE SONG (46°12’N), GENEVE

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Correspondance à Genève.
Love song (46°12’N), Genève, Bains des Pâquis, le 20 juin 2015.

Love Song (46°12’N) fait partie des multiples manifestations que le Mamco (Musee d’art contemporain) a organisé pour célébrer ces 20 ans tout au long de l’année. A Genève, ce 20 juin à 5h13 la performance aura lieu pour la première fois, s’élevant face au lac et aux montagnes des Voirons en même temps que le soleil. Ce projet est une célébration de l’aube, une salutation au soleil portée par deux voix et structure sonore, qui trouve ses origines dans l’alba médiévale ou le raga indien (composition liée à un moment précis) : un rituel qui traverse les traditions comme un hommage reconnaissant de la beauté du monde. Love song (46°12’N) est une expérience sensorielle in situ, temporelle et spatiale, une proposition de communion collective.

Commandée à Caroline Bergvall, une artiste qui traverse les disciplines, les langues et les media, la performance est déjà promise à d’autres rendez-vous, de manière évolutive du Nord au Sud de l’Europe en suivant les latitudes : de Salt Festival au nord de la Norvège à la Serpentine Gallery à Londres; de l’Estuary Festival, Southend-on-Sea à la Fondation Vuitton, Paris pour achever sa trajectoire à La Bâtie-Festival de Genève en septembre 2016, puis en Espagne.

L’artiste franco-norvégienne est une exploratrice des langages et des modes interdisciplinaires d’écriture. Formée en linguistique, en lettres et en art contemporain, elle s’intéresse à l’évolution des langues et des pratiques scripturales, tant dans leurs disparitions que dans leurs émergences. Son précédent projet, Drift, a pris naissance en 2012 au Grü / transthéâtre Genève, en collaboration dramaturgique avec Michèle Pralong, co-directrice du lieu à l’époque. Il s’agissait d’un travail interdisciplinaire, envisagé en live comme une performance collaborative entre voix, percussions et textualités numériques. Explorant la migration, la navigation et les naufrages, aussi bien contemporains qu’historiques, confrontant poétique et politique, histoire et littérature, l’œuvre est devenue protéiforme : à la fois livre, installation et performance, présentée entre Genève, Londres et New York.

Deux questions à Caroline Bergvall :

– Pourquoi cette performance à l’aube, en extérieur ?

J’ai tout de suite eu cette idée lorsque Christian Bernard, le directeur du Mamco, m’a donné une carte blanche pour un travail live. Au début, je voulais simplement chercher à rappeler par une composition la correspondance entre l’appel vocal et le soleil qui se lève. Cette idée s’est depuis élargie pour réfléchir non seulement à la beauté du jour, mais aussi à un expérience très contemporaine que l’on peut faire aussi au petit matin : celle de la solitude, de l’isolement. Ce travail a donc une fragilité expérientielle autant qu’une force de rassemblement. Le besoin de se retrouver en communauté est d’ailleurs manifesté par un petit-déjeuner collectif offert au public. Le projet dans son entier porte le titre de Raga Dawn. Cette performance-concert, qui se développera sur une année, va continuer à déclarer cette conscience sociale du jour, cette attention politisée aux environnements (urbains, post-urbains, naturels, industriels….) dans lesquels nous allons décider de jouer.

– Comment s’organisent le livret et la composition de ce Love Song (46°12’N) ?

J’ai voulu réaliser un texte à vocaliser qui traite certains sons linguistiques de façon physique. J’ai cherché à construire une structure de voyelles et de consonnes inspirée non seulement de la poésie sonore, mais aussi de pratiques de méditation et de mantras yogiques. Cette structure s’appuie aussi sur la capacité de la langue anglaise, dans laquelle j’écris, à faire sens de façon très phonique, sonore, condensée.

Cela fait longtemps que j’ai envie de travailler avec une voix lyrique, à cause de la force, de la densité, de la luminosité cristalline de cette tradition vocale. Le troisième élément est constitué d’un travail de sound design et de diffusion in situ. J’ai voulu explorer là certains sons infra-audibles que permet la science astronomique et météorologique contemporaine.

Propos recueillis par Ildiko Dao,
à Genève

Love song (46°12’N) : Concept, texte et voix: Caroline Bergvall (N/F/UK) – Special Guest (mezzo) : Anouk Molendjik (CH) – Collaboration artistique : Michèle Pralong (CH) -Son : David Scrufari (CH) Production : MAMCO

Liens sur l’artiste: http://www.carolinebergvall.com/; sur la manifestation: http://www.mamco.ch/agenda_7.html

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Caroline Bergvall, Photo : Tom Martin, 2013

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