MEUSER, « STRUBBEL DIE KATZ », NATHALIE OBADIA BRUXELLES

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MEUSER : Strubbel die Katz / Galerie Nathalie Obadia Bruxelles / 9 Septembre – 24 Octobre 2015 – Vernissage mercredi 9 Septembre / 17h – 20h.

La Galerie Nathalie Obadia présente la première exposition personnelle de Meuser à Bruxelles. Meuser, né à Essen en 1947, est l’une des figures emblématiques de l’art minimal allemand. En 1992, il intègre l’Académie des Beaux-Arts de Karlsruhe en tant que professeur. La même année, Meuser, invité par Jan Hoet (historien de l’art et fondateur du SMAK à Gand, Belgique), participe à la documenta IX de Kassel (Allemagne).

Les œuvres présentées à Bruxelles s’inscrivent dans la veine radicale de celles regroupées en 2007 à Paris sous le titre « Tout va bien – Alles in Butter » lors de sa première collaboration avec la Galerie Nathalie Obadia.

La première rencontre de Meuser avec le public français remonte à 1986 quand, à l’invitation de Christian Bernard, l’artiste allemand participa à une exposition collective sur l’avant-garde de la peinture abstraite des années 1970-1980 présentée à la Villa Arson de Nice. Quatre ans plus tard, cet ancien élève de Joseph Beuys et d’Erwin Heerich à l’Académie des Beaux-Arts de Düsseldorf, retrouvait l’Institution niçoise pour un an de résidence qui s’acheva sur une exposition programmatique intitulée « Le Désenchantement du monde ». Dans cette dernière, Meuser exposa au côté de Martin Kippenberger (1953-1997) qui, avec Blinky Palermo (1943-1977), demeure l’une des références majeures de l’artiste allemand.

Du temps du professorat de Beuys, la peinture était « tabou » selon Meuser qui rappelle que régnait alors une certaine « russian workmanlike »*. L’occasion pour l’enfant de la Ruhr, qui fit son éducation artistique au Folkwang Museum de sa ville natale, de méditer la leçon des constructivistes russes de Malevitch à Mondrian dont on retrouve l’influence jusque dans ses œuvres actuelles.

Parallèlement, l’école minimale américaine marqua aussi profondément l’artiste allemand qui admire chez Ellsworth Kelly (né en 1923) « l’élargissement rigoureux du format pictural, comme les Américains savent le faire, à la manière d’un Donald Judd avec ses boîtes »**.

Meuser collecte dans les décharges des objets métalliques. La critique et journaliste Céline Piettre rappelle justement que « les objets que Meuser récupère au hasard de ses pérégrinations sont porteurs d’une histoire personnelle : celle de sa ville natale, bastion de la toute puissante industrie sidérurgique allemande de l’Ouest, celle de son père, ingénieur dans une usine locale ***».

Elle ajoute qu’ « ainsi, derrière leur abstraction formelle, les œuvres de l’artiste se présentent comme des morceaux de réalité autobiographique mais aussi sociale et collective. Les pièces de métal, dont on soupçonne la fonctionnalité passée sans pouvoir en déterminer la fonction, sont autant de résidus de notre culture matérielle, symboles de la mécanisation de la production et d’un consumérisme généralisé ****»

* trad. Rigueur russe

** Cf. Meuser, in cat. Kunsthalle Düsseldorf, 2008, p.138
*** Céline Piettre, Paris-Art (site web), 24 Nov. 2007
**** idem

Le poids des matériaux utilisés tranche avec la légèreté des compositions. Suspendue, en équilibre, ou prenant appui sur les murs blancs de la galerie, les sculptures de Meuser ont en commun une forte dimension picturale. Le métal est toujours peint, même quand la couleur choisie imite celle de la rouille. La blancheur des cimaises est utilisée comme la toile vierge d’un peintre, et les constructions géométriques et polychromes de l’artiste allemand rivalisent avec celles des tableaux abstraits de Mondrian.

La couleur est animée par le jeu d’ombres et de lumières produit par la tôle froissée, comme celle des bidons usagés. Cette animation, couplée au jeu subtil de textures des matières, rappelle que l’art de Meuser n’est pas si minimal qu’il n’y paraît de prime abord. Il n’est pas rare qu’avec « la grammaire rectiligne et orthogonale s’accorde parfois l’audace d’une courbe ou le dynamisme intrépide d’une diagonale »*. En cela, il se rapproche de la Neue Wild et des artistes, regroupés dans les années 1970-1980, autour de son ami Martin Kinpenberger dont Meuser concède avoir été proche d’une manière avant tout spirituelle.

Les œuvres récentes qui seront exposées à la galerie Nathalie Obadia à Bruxelles montrent la permanence et la puissance d’une trajectoire artistique qui, sans jamais composer avec le décoratif, s’impose une fois et encore par sa force plastique évidente.

*Céline Piettre, Paris-Art (site web), 24 Nov. 2007

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1-Meuser, Schreihals, 2015. Huile sur acier, 110 x 85 x 55 cm. / 2-Meuser, Tönnchen, 2015. Huile sur acier, 55 x 40 x 30 cm.

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