TRIBUNE : FRIEZE, FIAC, ARCO… C’EST LA SAISON DES FOIRES

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TRIBUNE : La saison des foires / FIAC Paris /22 – 25 octobre 2015.

Voilà revenue la saison de ce qu’il est communément appelé les « foires d’Art » : FRIEZE, FIAC et tous ses épigones et déclinaisons, puis ARCO, etc. etc. La liste de ces initiatives marchandes n’en finit pas, se rallongeant sans cesse d’années en années… Désespérant.

L’Art n’est pas une « foire ». Désolés, mais à INFERNO, nous avons une conception, une idée, une envie de l’Art qui ne peuvent se retrouver dans cette succession délirante de pseudo-événements marchands, de cet alignement de raouts médiatiques ultra-libéraux, à la gloire du capitalisme dans ce qu’il a de plus exécrable, de ces emballements artificiels qui ne nous concernent pas.

Voilà pourquoi, délibérément, nous avons depuis toujours décidé de ne pas répercuter ces initiatives. Dès sa création, INFERNO a essayé -modestement- d’appréhender ce que l’on nomme communément l’Art, cet anachronisme, d’en approcher l’incroyable mystère, de tenter d’en saisir la grande force subversive, de comprendre pourquoi ce truc a les capacités de révolutionner la pensée et les sociétés, de fomenter des révolutions, de bouleverser la société humaine et d’engendrer des civilisations nouvelles…

INFERNO s’est donné pour tâche -ambitieuse certes, mais ô combien vivifiante- de tenter d’en rendre compte, tout aussi candidement, tout aussi naïvement. Et même si nous ne savons évidemment pas exactement de quoi nous parlons, de quel sujet nous traitons ici, dans ces colonnes, en tant qu’objet de notre réflexion…

Au moins sommes-nous sûrs d’une chose, c’est que l’Art, la création, la pensée, ne sont pas réductibles à un flux économique quelconque, à un étalonnage financier de leur « valeur », à un échange marchand à l’usage exclusif d’une micro-société auto-suffisante, dont la force de narcissisme est au moins égale à la vacuité et la vanité de sa justification.

L’Art n’est pas la foire, ce n’est ni sa place ni son objet, même si la foire, historiquement, est le lieu où l’on montre le monstre. Même si l’Art est -étymologiquement- ce monstre, dont la société ne veut pas voir l’évidence. Oui, l’Art est le Monstre. Parfait, absolu, définitif.

Magnifique paradoxe, qui finalement nous ferait accroire qu’en toute résolution, l’Art se doit de figurer en foire. Et même d’y faire bonne figure. Et que donc son utilisation marchande ne serait que la conséquence logique de cela, originellement inscrite dans son usage même. Une contorsion romantique de l’usage de l’art, qui viendrait accréditer sa réappropriation idéologique par un capitalisme « transcendental » ?

Oui, car en même temps, l’Art est devenu malgré-lui, dans nos sociétés modernes bousculées, terrorisées, ce miroir commode qui autorise toutes les approximations, tous les outrages, toutes les contorsions. Et toutes les appropriations. En réalité, l’Art est un monstre fragile aux pieds d’argile, dont le socle du coup repose bien plus sur un malentendu originel que sur une glaise de certitudes.. L’Art est un être malléable, ductile, taiseux (trop), facilement assimilable car par nature irréductible… Un être facile dont certains – les marchands du temple et leurs zélateurs- croient pouvoir s’arroger les vertus à leur seul usage égotique…

Mais l’Art, au final, ne se laisse pas faire. Et ce ne sont pas ces ridicules tentatives de le domestiquer, de l’apprivoiser, de le marchandiser à outrance -ce que sont par essence les « foires » d’Art- qui parviendront à en annihiler son évidence universelle.

Marc Roudier

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