WHAT IS ART FOR ? : VERS UNE DEFINITION SCIENTIFIQUE DE L’ART

london
What is Art for? Colloque organisé par The Art Newspaper au British Museum, London.

Qu’est-ce que l’art? La question finie au baccalauréat 2015 en France, est beaucoup plus qu’un simple sujet de dissertation de philo. C’est, à quelques détails près, implicite dans le titre du colloque inauguré au British Museum le 28 Octobre 2015 et proposé par la revue d’art The Art Newspaper pour célébrer son premier quart de siècle : «What is Art for?», qui en anglais joue sur les mots et oscille entre « à quoi sert l’Art» et «qu’est-ce que l’Art selon (untel)». Le colloque continuera jusqu’en 2016 dans trois autres musées du monde: à New York d’abord en février au MoMA, puis à l’Hermitage à Saint-Pétersbourg et enfin au Vatican à Rome. Pas d’étape au Louvre à Paris où The Art Newspaper a pourtant une rédaction française, Le Journal de l’Art.

L’enquête a pour objectif de récolter les points de vue de différentes personnalités représentant les quatre points cardinaux de la connaissance: poétique, scientifique, religieuse et militaire. Étrange cette approche démocratique de l’art, comme si la définition de la science elle, qu’on soit écrivain ou officier, était variable.

Pourquoi faire autant de diplomatie dès qu’il s’agit de définir l’art et consulter des experts d’autres secteurs ? Sans doute parce que l’art englobe toutes ces compétences à la fois et qu’il est aujourd’hui plus qu’hier, à cause des destructions et des pillages, au centre de la guerre anti-terroriste.

Au British Museum, le colloque a soulevé le problème du pouvoir et de ces pays du monde qui voient certains artistes comme une menace. C’est le cas des artistes politiques (et autoproclamés comme tels) Tania Bruguera et Ai Weiwei qui font de leur activisme leur recherche artistique dans leur pays natal, à Cuba et en Chine. Personne n’a bien sûr nommé ces artistes au colloque, mais ils sont latents. Ai Weiwei domine le débat de Londres à Pékin depuis que l’ambassadeur chinois a déclaré à la BBC qu’Ai Weiwei n’est pas le meilleur artiste chinois, le mois dernier.

Le cas d’Ai Weiwei est passionnant parce qu’il pose enfin l’artiste comme le représentant d’un pouvoir. Chaque artiste reconnu représente un consensus, une idéologie officielle. Plus le pouvoir est capable d’identifier ses valeurs culturelles, plus un pays intensifie sa force. Ai Weiwei représente l’importation en Chine des valeurs avancées et démocratiques de l’occident. Tant que la Chine refusera de reconnaître Ai Weiwei – premier artiste chinois internationalement reconnu aujourd’hui – la culture chinoise restera officiellement dépassée.

Même chose pour Cuba et Tania Bruguera. Le talent de ce nouveau genre d’artistes est à chercher dans leur façon de se poser en moyen de pression diplomatique, pas dans leurs expositions. C’est ce que refuse de déclarer Londres qui attend sans doute le bon moment, et c’est pourquoi la Royal Academy (comme tous les autres musées qui exposent Ai Weiwei) perd son temps à fournir des expertises sur les œuvres d’Ai Weiwei.

Certes, le champ d’action du créneau politique de l’art est limité aux aspirants Ai Weiwei venus de pays qui n’ont pas encore effectué leur transition à la globalisation. Pour tous les autres artistes, c’est une autre affaire. L’artiste de demain devra savoir représenter une culture encore plus grande que les générations précédentes, une culture globale, raison pour laquelle la tâche est beaucoup plus difficile qu’il y a un siècle, à l’époque de Picasso où le pouvoir mondial de l’art se jouait à Paris.

Il est de plus en plus évident qu’après une longue période d’expansion où la diversité culturelle a été nécessaire, on va maintenant vers une seule et unique définition de l’art, supranationale et débarrassée de toute connotation exotique.

La suite en 2016, après le compte-rendu de l’ambitieux colloque de The Art Newspaper.

Raja El Fani

http://theartnewspaper.com/comment/comment/159718/

visuel : Intervenants du colloque dont Anna Somers-Cock, PDG de The Art Newspaper, au milieu / Photo DR

Comments
One Response to “WHAT IS ART FOR ? : VERS UNE DEFINITION SCIENTIFIQUE DE L’ART”
  1. Excellent article que je me suis fais un plaisir de partager sur fcbk

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