MYRIAM LEFKOWITZ, ACTIVATION PUBLIQUE, LA PISCINE

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MYRIAM LEFKOWITZ : ACTIVATION PUBLIQUE / LA PISCINE / La Piscine de Pantin / 20-25 octobre 2015.

DE LA RENCONTRE ENTRE UN SPECTATEUR ET UN ARTISTE, RÉINVENTER UNE EXPÉRIENCE PERCEPTIVE

Après deux ans de résidence aux Laboratoires d’Aubervilliers, l’artiste chorégraphique Myriam Lefkowitz accompagnée de Jean-Philippe Derail, Valentina Desideri, Ben Evans, Alkis Hadjiandreou, Julie Laporte et Géraldine Longueville Geffriaud ont réactivé les pratiques artistiques à la Piscine Leclerc de Pantin, du 20 au 25 octobre 2015. Pendant cinq jours, sur rendez-vous, le spectateur participant est invité à partager une singulière expérience perceptive d’une heure trente environ avec un artiste. La Piscine devient l’occasion d’une expérience artistique « co-construite » qui ne lasse pas de surprendre et de détendre.

Les expériences varient à chaque rencontre si bien qu’il faudrait l’écrire en évoquant la sienne propre. L’accueil met d’emblée à l’aise, entre quelques breuvages préparés et une première rencontre, de mise en confiance. Myriam Lefkowitz me propose de partager avec elle une question personnelle du moment à partir de laquelle l’expérience perceptive se déroulera. Celle qui dit devoir « bouger pour voir » me propose alors une promenade silencieuse dans la ville, les yeux fermés.

Entre une ville devenue étrangement calme, fantasmatique, l’artiste-guide invite à prendre des fragments d’images, un pigeon en contre-plongée, un bâtiment frontal, un arbre vu d’en-bas, une scène de cantine, le temps d’ouvrir les yeux lorsqu’elle le choisit et de les refermer aussitôt. Toute une perception de la ville se recompose alors, et qu’importe où l’on se trouve, la perception se déplace, au cours d’une relation de plus en plus confiante. Le contact de la peau rassure, les muscles se détendent. L’attention au dehors se réinvente par ce toucher, ces prises photographiques et l’écho autrement sensible d’une ville qui bourdonne comme l’acoustique d’une piscine paraît toujours plus lointaine. Sons et images se décollent et rappellent le cinéma.

L’expérience se poursuit dans une salle sombre de la piscine, vers une pratique plus thérapeutique, proche du shiatsu, moins surprenante ici mais où les gestes et les matières encore se confondent.

Au bout d’une heure, les yeux ré-ouverts, l’échange reprend sur ce qui a eu lieu. Depuis la question de départ depuis lors incorporée, Myriam Lefkowitz évoque une matière à penser et à expérimenter la ville, le contexte, autrement, dans ces changements de corps. Au risque de se laisser guider dans le noir, le corps ne traverse plus la ville mais semble traversé par elle.

L’expérience est privilégiée. Le temps singulier de la rencontre artistique semble un luxe pris à rebours et à côté d’une ville que la rencontre réinvente généreusement.

Flora Moricet

Visuel : Projet non réalisé de bains publics à l’angle des rue Victor-Hugo et Florian à Pantin. 1890 © archives municipales de Pantin

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