LE BALLET DE L’OPERA DE LYON, AU THEÂTRE DE LA VILLE : IN VERITAS !

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Ballet de l’Opera de Lyon / Théâtre de la Ville, Paris / du 20 au 27 février 2016

Etait-il besoin de se rendre au Théâtre de la Ville entre le 20 et le 27 février pour se voir confirmer que le Ballet de l’Opéra de Lyon est une grande compagnie ? Assurément oui… Car le programme proposé par Yourgos Loukos, le directeur de ce ballet, est tout à fait à l’image de ce qui caractérise cette compagnie à la fois techniquement performante mais qui ne s’endort pas sur ses lauriers – nombreux – et fraîchement coupés, comme le veut la formule !

La compagnie ose s’affronter à des jeunes chorégraphes qui apportent la modernité nécessaire à ces grandes compagnies qui peuvent vite verser dans l’académisme et le formalisme… Là rien de tel et pas de risque avec le programme présenté au Théâtre de la ville qui voit se succéder la toute nouvelle création de la chorégraphe portugaise Tania Carvalho avec celle de l’israélien Emmanuel Gat, de l’Australienne Lucy Guérin et de l’allemand, mondialement fêté, William Forsythe…

Avec Xylographie, Tania Carvalho propose une pièce pour vingt danseurs – pas moins ! – pleine de nostalgie, avec des maquillages faisant penser à des pièces dada des années 30… Le rouge, le noir des costumes d’une partie du ballet, tout fait sens et plonge le spectateur dans un étrange moment de nostalgie ; pour preuve l’entrée en scène du premier danseur qui apparaît tel un Quasimodo le long des rideaux de fond de scène et qui va se révéler d’une plastique parfaite et qu’on ne lâchera pas tout au long de la pièce.

Emmanuel Gat, repéré pour sa danse énergique, physique, héritée du style de la Batsheva de Tel Aviv, propose avec Sunshine une pièce faite de glissages, de regroupements de danseurs sur toute la surface de la scène avec, en contrepoint sonore, les répétions de Walter Music de Haendel. Idée géniale qui est à rapprocher de l’écriture même de la pièce où, comme pour le jeu enfantin « un, deux, trois soleil », les danseurs semblent lancés dans une danse pleine d’énergie et stoppés net par un œil farceur et invisible qui les immobilisent puis les font changer de direction…

Le programme se poursuit avec la reprise de Black Box de la chorégraphe australienne Lucy Guerin qui fait étrangement penser à ces boîtes à musique posées sur les tables de nuit de nos grands mères d’où émergeait une danseuse en tutu… Là ce sont un, puis des danseurs et enfin aucun qui vont se succéder dans cet astucieuse boîte noire qui monte et descend des ceintres, laissant apparaître une danse ludique, jouissive qui emplit l’espace même si l’essentiel se déroule dans 30m2 !

La soirée s’achève sur One Flat Thing reproduced, une chorégraphie créée en 2000 par le génial et inspiré William Forsyhte… Que se passe y-il dans cette pièce ? 20 tables blanches, toutes stockées entre chaque danseur au fond de la scène sont soudainement et vivement poussées en rythme par les danseurs pour finir par occuper toute le plateau et, de facto, être un obstacle à la danse… On s’apprête à regretter cette scénographie encombrante quand tout d’un coup on prend conscience que toute la dextérité des danseurs va se trouver mise en valeur et nullement empêchée par cette entrave… Vont se succéder des moments incroyables de prouesses, les danseurs glissant sur les tables, dessous, puis de l’une à l’autre dans une énergie inégalée imposée par la musique de Tom Willems. Un pure moment de bonheur, un moment d’apothéose du à toute la troupe du Ballet de Lyon en grande forme…

E. Spaé

Ballet de l’Opéra de Lyon : « One flat thing reproduced » / Photo copyright Michel Cavalca

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