« BUZZ RIOT », RUDI VAN DER MERWE, ADC GENEVE

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Genève, correspondance.
Buzz Riot – conception et chorégraphie Rudi van der Merwe / Interprétation : Rudi van der Merwe et Ondine Cloez / à l’ADC, Genève, du 6 au 10 avril 2016.

Rudi van der Merwe a étudié le théâtre, le cinéma et les lettres . il est danseur (il a dansé pour Mathilde Monnier, Cindy van Acker, Gilles Jobin, Estelle Heritier et Jan Duyvendak par exemple), et chorégraphe de quelques pièces dont Buzz Riot est la 4ème.

Le Buzz c’est le bruit fait autour d’un événement, à petite ou grande échelle. Le buzz court sur les réseaux et en ces temps de gloire éphémère tout le monde court après le Buzz.

Buzz Riot s’interesse au langage du web, aux tics graphiques et abréviations, aux boucles visuelles ou giff. Sur la scène, un écran rectangulaire, plus haut que large, plus monolithe que télévision. Par contre rien de monolithique dessus. Une cinquantaine de petites saynettes: dessins animés, vidéos, extrait divers s’agitent curieusement, comiquement, érotico-porno , frénétiquement. Cela grouille, , on reconnait ces bribes, on est forcément voyeur. Les interprètes arrivent de chaque côté du mur de l’écran, masque à gaz sur le visage, bombe à la main. Ils se sprayent, s’enfument… Ambiance. De quoi parle-t-on : Pollution ? Guerre bactériologique ? De beaux effets mais un sens incertain.La seconde scène démarre derrière l’écran, en ombre chinoise sur écran de couleur. Dialogue: « Show me, I show you  » en boucle, accompagné du geste… Je te montre ma quequette, tu me montres ta quequette… Où la quequette en question est … Don’t spoil ! Ok , I don’t spoil…

Rudi van der Merwe et Ondine Cloez se renvoient des mots qui dérapent et se transforment: de « Born to be free » à « Porno graphy »…. I-phone ( ?) à la main, brandi comme une arme: James Bond, Matrix.. Poses, boucles, pause. Jeux de mots, jeux d’images, références…Du sexe mimé, des gestes stéréotypés multipliés et mis en boucle qui finissent en fond d’écran décoratif et ludique, le sens dilué par la multiplication.

Les relations sont évidentes entre l’écran , les dialogues et la chorégraphie, mais il y a entre eux comme un déséquilibre . Pourtant, des spots lumineux traversés de personnages transfomés en wallpaper animé aux regards qui tuent, jusqu’au magnifique bouquet final sur écran, le travail vidéo est brillant, les dialogues sont plaisants, seule la chorégraphie peine un peu à s’imposer. Elle n’a ni la précision glaçante et ironique de Yan Duyvendak dans « You’re Dead « ou « My name is Néo » ni l’avantage du nombre d’interprètes sur le nombre des images en fond. L’écran garde le dessus.

Est-ce le but ? Montrer que nous sommes de petits pantins ridicules et entêtés, pris dans des boucles fonctionnelles et fascinés par l’image ? Dans ce cas là, pari gagné. Du Buzz, certes, « Je crée du buzz, donc je suis  » affirme Rudi van der Merve. Mais où est l’émeute ? Et qui se révolte… ? Sur l’écran des images qui renvoient à des émeutes passées, on ne trouve sur scène ni l’énergie ni la furie que l’on attendait. Sage comme des images, de très belles images.

Ildiko Dao,
à Genève

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Photos Grégory Batardon

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