SPRING FESTIVAL : IL FAUT REPRENDRE LE CHEMIN DU SPRING !

Massimo-Furlan-Blue-Tired-Heroes-c-Francoise-Bolechowski

Utrecht, envoyé spécial.
SPRING Festival 2016, Utrecht.

Il faut reprendre le chemin de SPRING.

Un festival pluridisciplinaire dans une ville de 65 000 étudiants sonne comme une évidence… Comment faire sans ? Surtout quel plaisir de voir tant de jeunes dans les salles. Il y a, de facto, une ambiance différente d’autant qu’une académie de jeunes européens rejoint le festival pour suivre symposium et formations… La programmation s’en ressent aussi… S’il faut de traditionnels spectacles en salle, il y en a dans toute la ville…

Le plus spectaculaire est certainement celui de Nick Stueur qui installe deux immenses pierres sur un promontoire. Avec leviers et poulies, il met le tout dans un équilibre précaire mais qui tient bon… Cette performance en plein air sur Neude Square à Utrecht est bien différente de Frezze où la quarantaine de spectateurs, assis autour du champ de pierres, comme face à un jardin Zen, observait en retenant son souffle, complètement concentré, le performer fait tenir plusieurs pierres en équilibre. Là, la concentration est surtout personnelle car de son attention, de son observation va dépendre le maintien de deux pierres en équilibre. Pendant les dix jours que dure le festival, il va expérimenter cette installation au point de la maîtriser parfaitement.

Se promenant en cape de superman, la bande de Massimo Furlan passe ici et là au gré de ses impressions sur la ville… Ils sont plusieurs à passer et repasser dans cet accoutrement… Personne ne semble surpris… On prend des selfies. Pourquoi pas. Ils se promènent calmement, comme les habitants eux mêmes qui ne se pressent pas, vont en vélo ou en bus d’un point à un autre de la Ville, pas de voiture, pas de Klaxons, que des sonnettes pour prévenir qu’on arrive. Reposant.

Si l’architecture de la ville se prête à des expériences, les différentes salles ou lieux culturels ne manquent pas. Cette petite Galerie SANAA abrite une installation vidéo pour un spectateur à la fois de Dries Verhoeven qui convainc tout à fait.

Dans une salle entièrement blanche, en face de vous un film se déroule montrant des machines en action dont on ne nous épargne pas le bruit… Soudain, surgit une ouvrière asiatique – un message, sans doute – qui vient vers vous et qui par un système de synchronisation copie les gestes de vos bras. C’est troublant et parfois drôle. Elle vous fait signe, vous invite à rentrer dans son univers alors que vous êtes bien à l’abri dans votre petite salle blanche en Hollande… Le message est clair et dès qu’elle retire son casque anti-bruit on sait la chance qu’on a d’être à notre place. Poétique, politique, cette installation donne à voir ce monde hyper-industrialisé et cette petite femme qui sort de derrière des machines immenses et bruyantes nous fait penser au monde tel qu’il va.

Ne pas croire que les nuits sont tristes pendant SPRING, car l’installation de Katja Heitmann For iTernity met le public à contribution… Dans un cercle truffé de vidéo-projecteurs puissants, munis de cartons blancs réfléchissants, les spectateurs sont invités à se rassembler pour saisir la danse qui est projetée et qui, sinon, reste mystérieuse, s’échappe dans l’atmosphère lancé par les projections de la vidéo.

Toujours en continu, dans le magnifique théâtre Stadsschouwburg, Andrea Bozic et Julia Willms ont placé leur installation CUBE, magnifique composition moderne faite d’images colorées… reposant là aussi.

Donc, des spectacles, des salles pleines, de jeunes avides de découvertes, des installations, de expositions, des symposiums, des lieux pour échanger… mais il ne faut pas oublier aussi les nombreuses créations qui se préparent in situ comme cette installation de Jan Martens The Common People qui viendra, après sa création à Dusseldorff, conclure SPRING et que nous pourrons découvrir à Marseille lors de la prochaine édition de Actoral (5 et 6/09/16, on en reparlera).

De ce qu’on a pu voir, c’est 48 habitants de Utrecht séparés en deux groupes égaux et paritaires qui vont donner une partie d’eux, de leur intimité qu’on approchera par le prisme d’un accessoire devenu commun : le téléphone portable. Le jeune et talentueux chorégraphe flamand et tout son équipe, animent dès le début du festival des ateliers où les participants, en un laps de temps très courts, cherchent le point d’équilibre, le moyen de tisser des liens, de partager jusqu’à être sur scène en confiance. Jan Martens aime exploiter cette veine du commun des mortels. Il le fait avec attention et bienveillance comme si ce monde truffé de portables et de moments d’isolement étaient le moyen qu’il a trouvé à la fois pour en jouer et le dénoncer ou l’inverse, aller savoir avec lui…

Une programmation diverse, qui prend des risques, qui donne sa chance, Rainer Hoffmann, le directeur calme, détendu accompagne chaque moment d’un flegme certain qui donne envie de reprendre le chemin de SPRING dès l’année prochaine.

E Spaé
à Utrecht

Massimo Furlan Blue Tired Heroes-photo Francoise Bolechowski.

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