FESTIVAL TRANSAMERIQUES MONTREAL : DES LE PETIT DEJEUNER…

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Envoyé spécial à Montréal.
FESTIVAL TRANSAMERIQUES Montréal.

Dès le Petit-déjeuner…

Le Festival Transamériques débute tôt car dès 10h30, le dimanche, on est convié à un petit déjeuner au QG qui a pour ambition de « rendre compte » d’expériences artistiques – ou pas, selon les jours. Ces moments sont un peu les tartes à la crème des Festivals et on y va souvent à reculons… Ici on a eu raison de venir car y était présentée la démarche qui entoure le projet SIRI du jeune auteur Maxime Carbonneau et joué, entre autres, par Laurence Dauphinais.

Les deux artistes étaient entourés de leurs parrains attentifs Romaric Daurier, Herman Lugan, bien sur, Martin Faucher et Karen Graham qui ont en charge de suivre le projet dans ces différentes étapes.

Si souvent il ne se dit rien de nouveau dans ce type de présentation, c’est sans compter sur le fait que les deux modes de production et de financement des œuvres sont tout à fait opposées entre la France et le Québèc… et c’est à cette occasion qu’on peut s’en rendre compte car, lors de ces échanges au QG, on évalue assez bien ce qui peut attendre la France si des politiques libérales, voire ultra-libérales, s’imposent et singulièrement les effets sur la production d’œuvres de spectacle vivant… D’ailleurs, Martin Fauché, le directeur du FTA, signale d’emblée la différence entre le Phoenix, Scène Nationale de Valenciennes avec grand et petit plateau, un studio de répétition, etc… et le FTA qui n’a pas de lieu et qui donc passe son temps à organiser les résidences chez des partenaires pour que les artistes puissent travailler. Son ambition est d’ailleurs de dépasser le seul périmètre de la Ville de Montréal et de concerner tout le monde à la question des œuvres et de leur mode de production. Espérons qu’il y arrive…

Si Romaric Daurier peut aisément affronter les questions c’est qu’il a réussi dans la ville de Valencienne et avec le Théâtre qu’il dirige depuis 2009 une belle prouesse en organisant un festival, « le cabinet des curiosités », qui est, pour le coup, tout à fait indiqué pour aborder les spectacles des nouvelles générations : pluridisciplinaires, hybrides, avec ou sans nouvelles technologies… Il pose d’emblée la question de la médiation, ce terme emprunté au vocabulaire militaire, et propose, pour résoudre la question de la démocratie et de l’accès du plus grand nombre aux œuvres, de s’intéresser en priorité à des « projets participatifs » avec les habitants de la Ville… Ainsi, en les associant, espère-t-il intéresser davantage le public au processus créatif et aux spectacles… Depuis 2009, ce sont donc quelque 2 500 personnes qui ont participé aux projets spécifiquement pensés par des artistes comme Pascal Rambert, La Ribot, Roméo Castelluci, mais aussi de plus jeunes artistes dont Julien Gosselin, Laurence Dauphinais et Maxime Carbonneau, justement…

Et Martin Fauché de mettre les pieds dans le plat en pausant les questions qui fâchent…

L’année dernière, il interrogeait sur la production des œuvres dans un climat économique de décroissance annoncée ou à l’œuvre. Cette année, il s’interroge sur « ce que veulent les artistes » comme moyens ou outils pour créer. Il dit la nécessité pour les programmateurs (ici on dit « les diffuseurs ») de re-questionner le système, d’adapter tous les mécanismes de production à cette problématique, de rester partout sur tout le territoire Québécois, mais plus largement canadien, en contact avec « les forces vives » que sont le public qui, d’une certaine manière, légitime les projets des artistes comme la programmation des directeurs de théâtre ou de lieu…

La conclusion de ce débat permet d’apprendre que le Phoenix sera très prochainement en partenariat avec l’Agence Nationale de la Recherche en France pour améliorer tous les dispositifs des artistes qui se proposent d’intégrer des nouvelles technologies dans leur spectacle… comme dans SIRI, vous savez cette assistance vocale développée par Appel, qui cherche « à nous venir en aide » et qui est au centre du projet de Laurence Dauphinais et Maxime Carbonneau dont la première aura lieu à Montréal dans le cadre du FTA le 1er Juin au Théâtre Prospéro.

Etienne Spaé
à Montréal/Canada

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