TRANSAMERIQUES MONTREAL : STEWART LEGERE, « LET’S NOT BEAT EACH OTHER TO DEATH »

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Envoyé spécial à Montréal.
Let’s Not Beat Each Other to Death : STEWART LEGERE + CHRISTIAN BARRY – THE ACCIDENTAL MECHANICS GROUP / TransAmériques Montréal / 30, 31 mai, 1er juin 2016.

Que dire de Let’s Not Beat Each Other to Death chanté, joué, dansé par Stewart Legere ?

Que c’est un objet hybride, en trois parties, dans un dispositif en U peu courant et assez compliqué à exploiter au théâtre. Dire aussi que le sujet comme la démarche, comme tout ce qui est véhiculé comme message, comme propos force le respect et demande tout notre soutien… La lutte contre la violence, la lutte contre l’homophobie, tout ce qui se propose de rapprocher les Hommes les uns des autres ne peut qu’être soutenu, mais voilà, très vite le processus comme le dispositif se retournent contre leurs concepteurs à commencer par l’interprète S. Legere qui ne disposait pas, lorsque nous l’avons vu, de toute l’aura que nécessite un tel propos…

Il y a beaucoup de « mise en scène » dans ce spectacle et ce manque de simplicité dessert sans doute le propos.

On entre en suivant un corridor qui mène à un bar, qui mène à la petite salle du Théâtre Espace Go… Les chaises sont disposées en U et au milieu, dans une peine ombre assez « ouverture de back room » (il faut connaître !), une forêt de micros fait face à un individu qui semble juché sur des échasses tant il est disproportionnellement grand. Il est dissimulé par une grande cape qui tombe jusqu’au sol… Il entonne une chanson qui fait penser à un mauvais concert de « Dead can dance »… On peine à se concentrer derrière tant d’effets… A un moment donné, l’individu se dévoile, va au clavier puis finira par se poser dans l’arène face à nous… Il va alors nous asséné un discours qui se veut mobilisateur mais, je ne sais pas, le ton, la forme, tout passe à coté… comme si l’empathie ne se faisait pas entre le sujet, celui qui le porte, la forme et nous…

On résiste à l’idée de se sentir concerné… et même on se sent coupable presque de ne pas rentrer dans le spectacle… In fine, Stewart Legere nous invite à danser avec lui… Il paraît que c’est pour les prédateurs, « un moyen de libérer naturellement une grosse charge d’adrénaline »… Ah bon… mais sur un tel sujet, après un tel discours, on aurait surtout envie d’y réfléchir, d’y penser dans notre for intérieur…

Quelque chose n’a pas fonctionné, la présence de S. Legere ne touche pas, le propos finit par avoir l’effet inverse de celui recherché, au lieu de « concerner » l’auditeur, il l’éloigne, quant à danser, est-ce le sujet…

Voilà, à part cela, The Accidental Mechanics Group fondé Par Stewart Legere et Christian Barry mérite notre respect pour les sujets qu’il se propose de traiter mais l’émotion ne passe pas et c’est avec ce regret et sur la grande interrogation des mots de la fin « Feel the fear, Pull it near » qu’on sort de là, presque gêné de ne rien avoir ressenti de cet ordre…

E Spaé
Envoyé spécial à Montréal

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