MONTPELLIER DANSE : ALI MOINI, PARTIE DE VIANDE EN L’AIR

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MONTPELLIER DANSE : ALI MOINI, MAN ANAM KE ROSTAM BOVAD PAHLAVAN – création

Une partie de viande en l’air.

Ali Moini n’aime pas la facilité. La dernière fois que nous l’avons croisé, il était affublé de longs fils au bout desquels pendaient des couteaux pointus qu’il faisait tourner autour de lui tel un derviche.

Cette fois ci, il s’empare du mythe perse de Rostam qui n’a pas de correspondance en Europe. Cette histoire ne peut donc être la clé pour nous du travail.

Plus qu’une danse, il s’agit plutôt d’une performance…

Ali Moini fait le choix de tout mettre à vue. Il arrive avec une boite noire dont on voit quelques formes rouges déborder. La posant, il enfile devant nous une combinaison stretch sur laquelle sont fixés des rivets qui sont reliés à des contre-poids constitués de plusieurs bouteilles d’eaux…

Il va prendre tout le temps qu’il faut pour enfiler son costume… Une fois arnaché, en face de lui, on voit un squelette (le siens ?) en métal. Sorte de marionnette géante articulée, elle aussi reliée à des contrepoids d’eau. La sculpture de fer bouge au gré des mouvements du danseur.

Une fois le mécanisme intégré et la surprise du dispositif passée, on se lasse. D’autant que, la limite du duo est vite atteinte, puisque tous ces fils handicapent les mouvements, leur évolution… Point de danse possible.

Et c’est d’ailleurs le reproche que nous pourrions faire à cette proposition – en tous points respectable parce que travaillée, pensée (le temps qu’il a fallu mettre pour tout roder, avoir les bons poids, les bons fils… je n’ose imaginer) – mais l’ensemble est un peu vain… et serait sans doute mieux dans une exposition d’art contemporain, un Musée. On pourrait passer, aller autour, sortir même de la pièce pour mieux revenir… En cela, cette nouvelle création n’est pas vraiment un spectacle, car le spectaculaire est évacué dès les premiers instants avec toute cette technologie mis à jour… Il y a bel et bien une prouesse de conception, d’imagination, de réglage… il y a aussi un point de vue sur la liberté, la manipulation des hommes – sont-ils libres de leurs mouvements ? sont-ils guidés par d’autres ?

La performance rebondie lorsque de cette barquette noir, Ali Moini sort quelques beaux morceaux de viande dont il entour les articulations de la marionnette Elle devient de chair de fer, donc. Un peu comme Frankenstein et son monstre, la marionnette échappe à son maitre et il s’en défait, ôtant un à un ses fils, les contrepoids tombent eux aussi trahissant la violence de la séparation.

Il ne reste que cette amas de fer et de chair suspendu dans l’air… la performance s’achève dans cette séparation durable entre cette machine et l’homme.

Ali Moini a des idées et des topics sur lesquels il se base pour approfondir son travail, mais avec ce nouveau solo on peine à toujours être en phase avec lui… ça viendra sans doute… dès que nous deviendrons des machines facilement manipulables, ce qui ne saurait tarder !

E Spaé

Comments
One Response to “MONTPELLIER DANSE : ALI MOINI, PARTIE DE VIANDE EN L’AIR”
  1. yann gibert dit :

    « point de danse possible » vraiment? vous m’expliquerez alors ce ce que le danseur et la marionette font durant une bonne moitié du spectacle. Vous en profiterez également pour me donner votre si solide définition de la danse.

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