FESTIVAL D’AVIGNON : « SUJETS A VIF », JARDINS DE LA VIERGE

dosch

70e FESTIVAL D’AVIGNON : SUJETS A VIF – Jardin de la Vierge du Lycée Saint Joseph.

Bonheur toujours intact de se rendre dans le Jardin de la Vierge du Lycée Saint Joseph pour ces Sujets à Vif de la SACD, même si on regrette un peu le format mono-chorégraphique (un danseur, un chorégraphe). Nous sommes cette année conviés pour une première série de quatre programmes.

L’art de la manipulation.
Le premier voit se côtoyer l’écrivaine Célia Houdart et le marionnettiste Renaud Herbin dans La vie des Formes. Ce court duo – je devrais dire trio avec la marionnette à taille d’Homme – vaut bien plus pour le texte que pour le travail du marionnettiste qui, du coup, apparaît plus en retrait, presque moins fort. Les mots et les descriptions de Célia Houdart touchent juste. Les comparaisons entre son travail d’écrivain et celui de son complice sont une évocation forte, pleine de sens. Cette sorte d’ode à la marionnette, à son élaboration et à la vie de ceux qui en jouent est captivant. Un moment finalement plus littéraire, mais pourquoi pas.

Fest-noz.
Il aura donc fallu attendre 2016 pour découvrir encore un talent caché de Michael Phelippeau qui s’est adjoint cette fois-ci le joueur de cornemuse Erwan Keravec pour Membre Fantôme son nouveau duo…
Habillé dans un costume local, plus fait pour le sexe faible que pour des messieurs à barbes, jaillissent des coulisses les deux amis qui se mettent en dévotion devant un magnétocassette diffusant à tue tête du Alan Stivel… le décor est planté… Cela ira jusqu’à jeter sa jupe aux orties, du moins au pied de la statue de la Vierge – qui en a tant vu depuis bientôt 30 ans avec ces Vifs ! – Beaucoup d’humour, de dérision. Une utilisation de tout le vocabulaire et toute la musique bretonnante, Michaël Phelippeau marque encore des points avec cette pièce. Et gageons que « dans vingt ans » il n’en aura pas fini de nous surprendre, de porter un regard sur ce qu’il aime, en jaune, bien sur !

Les descendants de la Famille Adams.
Succulents Corvidés de Laetitia Dosch et Jonathan Capdevielle. Ca commence dès l’entrée en salle. Deux corvidés sont sur scène. Leur dresseur les couvent et couvrent d’eau et de nourriture… La caractéristique de ces deux oiseaux c’est qu’ils parlent… et tout le monde en prend pour son grade, les spectacles du IN, les gens qui s’installent sur les gradins… C’est un festival… et souvent drôle… Tout d’un coup, du lointain, les deux artistes font leur entrée… magistrale. L’un dans le coude de l’autre… Ils sont blasés. Ils sont là depuis tellement longtemps… ils sont des morts vivants… C’est souvent hilarant, particulièrement bien vu et assez cruel, décapant… on se tient de rire aux évocations des couilles de Jean Vilar – le pauvre ! – comparé à ce dandy de directeur actuel… Sans compter sur la parodie de Francis Huster… la bonne nouvelle c’est que Laetitia Dosch et Jonathan Capdevielle sont prêts pour tous les classiques qu’on pourrait leur proposer (qu’on se le dise !)… Ils font même les musiques de film et les ventriloques… complets… ça finit par un festin sur le corps de Nadir Benlala à la présence magique pour une fin orgiaque… Un pur délice de chair et de sang !

Et toc ! Et tac !
Il fallait y penser et ils l’ont fait ! Sophie Cattani et Herman Diéphuis ont enfin chorégraphié pour nous le kamasutra et, hasard de la programmation, toute une partie de ce duo est parfaitement raccord avec le précédent…Tout y passe, les positions sont décrites par le menu et exprimées avec une dextérité rare, avec force détail… rien ne nous échappe… Tâkasûtra est donnée en chemise blanche, pantalon noir, chaussures et chaussettes… entre deux positions, se balancent des petites phrases assassines sur ce couple qui se délite, qui prend l’eau, sur ces deux êtres qui ne font que coïter ensemble… c’est prodigieusement drôle et subtil. Herman Diephuis so britsh, fait tout cela avec application quant à Sophie Cattani, magnifique en femme délaissée, est touchante, émouvante… Quelques recettes pour «après l ’amour » et c’est déjà la fin… retour à la vraie vie…

E Spaé

Photo copyright Laetitia Dosch

Comments
One Response to “FESTIVAL D’AVIGNON : « SUJETS A VIF », JARDINS DE LA VIERGE”
  1. Il faut bien un jour le perdre, mais avec son doigt , c’est gâcher …!!!

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