JAMES TURRELL, INSPIRER LA LUMIERE, VENET FOUNDATION

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James Turrell : Inspirer la lumière – Venet Foundation, Le Muy (83) – Juillet – Octobre 2016.

Cet été, la Venet Foundation présente deux œuvres de l’artiste américain James Turrell (1943) dans le cadre de son exposition estivale.

La première œuvre de James Turrell présentée cet été à la fondation, intitulée Elliptic, Ecliptic, appartient à la série des skyspaces, ces bâtiments, ici ovoïde, dans lesquels le spectateur est invité à s’asseoir afin d’observer le ciel à travers un espace resserré, dégagé de toute pollution visuelle, et mis en lumière par un dispositif dissimulé dans la structure. Tout comme Klein cherchait à peindre le ciel, Turrell le sculpte dans l’espace et le colore en teintant son environnement. La concentration du bleu, du plus clair en début de journée, au plus foncé la nuit, en un espace restreint fait ressortir son intensité et l’immensité de l’infini. Dégagé de tout contexte, c’est un monochrome abstrait que l’on contemple. Un monochrome défini par ses contours, mais dont la profondeur nous est inconnue, voire inexplicable.

Elliptic, Ecliptic est une installation pérenne de la Venet Foundation, comme la Chapelle Stella, réalisée par Frank Stella à l’occasion de l’inauguration en 2014.

Comme à Marfa au Texas (où se trouvent notamment les fondations Chinati et Judd), l’exigence de la Venet Foundation est de présenter les œuvres dans des conditions idéales. Tout ici, la nature, l’architecture, l’accrochage, est au service des artistes. Construite dans le parc de sculptures de la fondation, en regard de la chapelle de Frank Stella, le skyspace, que Georges Didi-Huberman décrit comme un temple, souligne le tropisme des artistes contemporains à élaborer des monuments à connotations sacrées et à s’inscrire dans une histoire séculaire dont ils conservent la substance tout en en réécrivant les codes.

La deuxième œuvre de Turrell, Prana, est présentée dans la Galerie contemporaine de la Venet Foundation, conçue par Berthier et Llamata. Elle consiste en un espace clos, hermétique à toute lumière extérieure au bout duquel un rectangle rouge dissimule sa nature exacte. Ce qui semble être un objet peint, du pigment pur, ou une projection lumineuse se révèle après examen être une ouverture (aperture dans le vocabulaire de Turrell) sur une réflexion lumineuse. Derrière le cadre découpé dans la paroi, disparaît toute notion spatiale dans une sorte d’abîme embrumé d’un rouge flamboyant évoquant l’intérieur d’un volcan en fusion.

Prana, son titre, emprunté à la religion hindoue, vient du sanskrit. Selon les Upanishad, il s’agit d’une énergie vitale universelle qui imprègne tout, et que les êtres vivants absorbent par l’air qu’ils respirent. Chez Turrell, cette énergie apparaît dans l’air à la faveur d’un brouillard coloré dont le pouls se dissipe à mesure que l’œil s’accoutume à l’obscurité de la pièce. Ce qui en subsiste après quelques minutes, c’est la source de ce brouillard, le rectangle de couleur pure qui persiste comme une source intarissable.

image: Elliptic, Ecliptic, 1999. Photography: Frédéric Chavaroche

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