BIENNALE DE LYON : « ET JULIETTE », MARION LEVY

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Envoyé spécial à Lyon.
« Et Juliette » – Marion Lévy – 17ème Biennale de la danse de Lyon.

Mademoiselle tout le monde…

On se demande toujours comment et où Marion Lévy trouve l’énergie et la force de sa danse.

Dans son nouveau solo, nous espérions presque la voir flancher ou poser les armes mais, force est de constater, que c’est encore – et heureusement –pas pour tout de suite car, pendant près d’une heure, Marion Lévy va assumer sur scène une danse virtuose, portée par une précision qu’elle a acquise – et sans doute laissée aussi – chez Anne Teresa de Keersmaeker dont elle fut la danseuse dans les années 90 – 2000 – et avec laquelle on l’associe heureusement.

Et Juliette est une pièce imaginée par Mario Lévy pour le jeune public et elle a eu raison de se frotter une nouvelle fois à cette écriture car, après Dans le ventre du Loup (2012), le format lui va bien.

En utilisant tous les codes des spectacles pour les enfants avec des interpellations du public auxquelles tous les enfants répondent de bon cœur, elle va susciter en eux toutes les attentes et les frustrations qu’ils sont en droit d’espérer dans un tel spectacle.

La force de ce travail est sans doute accentuée par le recours à la vidéo où l’écran sert d’ombres chinoises évocatrices et poétiques auxquelles on s’attache ou bien de support à la projection d’un film qui permet à la danseuse-chorégraphe de créer un champ/contre-champ qui rappelle ses précédents spectacles et films où elle compose un vrai scénario, sans pour autant tomber dans la narration, qui permet toujours de garder le fil entre la danse et le propos de celle qui l’interprète.

Marion Lévy aime brouiller les pistes, tantôt Juliette Shakespearienne, tantôt Juliette quotidienne, sorte de mademoiselle tout le monde qui aime et qui en souffre…

L’objectif est atteint car les enfants, sans cesse dans la confidence et dans l’action, ne perdent pas une miette de cette danse qui ne cesse de proposer des mouvements qui se composent, se décomposent formant une véritable histoire de gestes qui touchent et que les enfants reconnaissent au point de s’y attacher.

Et Juliette est réussi et mérite de circuler dans un paysage où les spectacles jeune publics sont parfois –mais de moins en moins, la preuve – le parent pauvre du spectacle vivant.

Belle idée donc de Domnique Hervieu que de présenter ce spectacle pour clore une programmation sous le signe de la multiplicité des formes et des danses…

Emmanuel Serafini

Photo Joachim Olaya

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