HASSAN SHARIF, « EXPERIMENTATIONS », LA PATINOIRE ROYALE BRUXELLES

Hassan Sharif : EXPERIMENTATIONS – Sous le commissariat d’Hervé Mikaeloff – La Patinoire royale Bruxelles – Exposition du 7 avril au 27 mai 2017 – Vernissage jeudi 6 avril 2017 de 19h à 21h

Le 18 septembre 2016 s’éteignait Hassan Sharif, des suites d’une longue maladie. L’exposition « HASSAN SHARIF –
EXPERIMENTATIONS » à La Patinoire Royale, à laquelle il consacra ses dernières forces est un hommage à un artiste
hors normes. Né en 1951, en Iran, Hassan Sharif est un artiste protéiforme. Il a vécu et travaillé la majorité de
sa vie à Dubaï. Il était une figure majeure de la scène artistique et pionnier de l’art conceptuel au Moyen-Orient.

L’exposition « HASSAN SHARIF – EXPERIMENTATIONS » dresse un panorama de son travail éclectique. Caricatures,
performances, peintures, sculptures, l’exposition se veut à l’image de l’artiste : un faisceau d’explorations,
d‘ «experiments», comme il aimait à appeler lui-même une partie de ses performances. Joueur, iconoclaste,
provocateur à ses débuts, mais qui depuis quelques années s’était assagi, il poursuivait une œuvre forte en ayant
la volonté farouche de mettre en valeur celle des autres.

Les influences d’Hassan Sharif ont été multiples, notamment dans les années 80 quand il part étudier l’art
conceptuel en Angleterre à Byam Shaw School of Art (aujourd’hui Central Saint Martin), et est fortement influencé
par les constructivistes anglais, mais aussi par Marcel Duchamp. Agitateur, artiste pionnier au travers de ses
pamphlets, textes et manifestes sur les différents mouvements de l’histoire de l’art, de Fluxus à l’Arte Povera, il
se fait notamment connaître à travers ses performances où il déambule et saute dans le désert, tire des cordes
entre deux rochers, et se joue aussi d’une certaine vision à la fois avant-gardiste et absurde du monde. Hassan
aimait jouer avec les mots comme il l’avait fait à ses débuts avec ses caricatures (1974-77), ainsi que ses performances(1982-83) où le caractère drolatique et engagé de l’artiste émergeait tout autant que sa rigueur et sa
volonté de poser les questions. Toujours avec un esprit de combinaison et de jeu, Hassan se lançait dans les
«Semi-Systèmes» et il les développa toute sa vie. Ce sont des dessins géométriques qui reposent sur des règles
mathématiques et alphabétiques aléatoires qui deviennent des chorégraphies de lignes et autres formes, et qui
dévoilent un nouvel ordre.

Très observateur et fin critique, il dénonçait la société de consommation qui s’est développée de manière effré-
née avec la mondialisation. De fait il en joue et met au cœur de sa création : «l’Objet», et plus précisément l’objetde récupération. Il aime la quantité, il aime la matérialité, la forme, la couleur, la texture, la possibilité de combinaisons multiples et infinies. L’exposition révèle des pièces où le métal, le bois, le plastique, le tissu, les cordes, les jouets sont autant d’outils pour créer d’immenses fresques où le regard s’abandonne pour découvrir une autre dimension. L’incarnation ultime de ce rapport à l’objet si singulier se trouve dans la Flying House (2005-2008), fondée par son frère Abdul Raheem afin de créer une plate-forme dédiée à l’art Emirien.

Cette maison qu’il partagea avec d’autres artistes, dont il va s’emparer et incruster ses créations au coeur de
l’architecture, proposant un véritable laboratoire, ou chaque objet connaît une reconversion. Il consomme des
objets presque autant qu’il en produit. Il aime en acquérir en grand nombre et décide de les assembler dans un
geste artistique, qui ne prévaut à aucun savoir faire. Pas de prétention, mais de la réflexion et de l’action dans son travail. Il insiste sur la vacuité de ce qu’il exécute afin d’aller à contre-courant de ce que la société impose. Hassan aime être dans le travail, en train de se faire, dans sa main qui peint, qui tord, assemble, fixe, disjoint, et colle. Il fait de même avec sa peinture ou il explore l’objet quotidien jusqu’à le transcender, avec jubilation : il extrait la poésie du réel. La particularité de cette exposition est de montrer pour la première fois des pièces inédites. En effet lors de ma rencontre avec l’artiste dans son atelier à Dubaï, j’ai découvert des dessins d’installations monumentales qu’il a souhaité réaliser spécialement pour La Patinoire Royale à Bruxelles. Grâce au soutien inconditionnel d’Isabelle van den Eynde, son rêve devient réalité. Ces pièces révèlent un autre aspect que l’artiste entretient avec l’objet à savoir sa capacité de lui accorder une autre vie aussi bien à petite qu’à très grande échelle. Elles sont les symboles d’un mouvement perpétuel qui vise à donner à l’objet un destin hors du commun.

Cette exposition permet de découvrir un artiste qui aimait cultiver ce qu’il nommait « l’ironie positive ». Son
oeuvre immense est essentielle car universelle. Il a été sélectionné, cette année, pour participer à la 57e Biennale de Venise intitulée VIVA ARTE VIVA. Hassan Sharif va faire l’objet d’une grande rétrospective a la Sharjah Art Foundation. Ses œuvres font notamment partie des collections institutionnelles: Tate Modern, Londres, Guggenheim New York, Guggenheim Abu Dhabi, Sharjah Art Foundation, Centre Pompidou, Paris; Mathaf: Arab Museum of Modern Art, Doha, M+, Hong Kong, Fondation Louis Vuitton, Paris.

Image © Hassan Sharif – Hats, 2016, Ready-made hats and cotton rope, 290 x 210 x 200 cm – Courtesy Estate of Hassan Sharif and Gallery Isabelle van den Eynde – Image : Musthafa Aboobacker, Seeing Things, EAU

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