KETTLY NOËL, BEATRICE KOMBE, SEYDOU BORO & SALIA SANOU : L’AFRIQUE DANSE A AVIGNON

71e FESTIVAL D’AVIGNON : Tichelbe/Kettly Noël – Sans repères/Béatrice Kombé – Figninto – l’œil trouvé/Seydou Boro et Salia Sanou – Benoit XII – Les 9, 10, 11, 13 juillet.

Et pourquoi pas un répertoire ?
En pleine thématique « Afrique » le Festival d’Avignon nous convie à la première de reprises du répertoire de deux femmes Kettly Noël, Béatrice Kombé, et de deux hommes Seydou Boro et Salia Sanou réunis de nouveau pour l’occasion.

Alors certes la polémique lancée à l’annonce du Festival par Dieudonné Niangouna sur l’image proposée par cette programmation africaine plane dans tous les esprits mais l’acte d’inviter quatre artistes essentiels pour le développement de la danse contemporaine en Afrique à remonter pour l’occasion trois pièces de leur répertoire est un acte d’engagement qu’il faut saluer.

Le programme commence par Tichélbé de la chorégraphe Kettly Noël, inoubliable folle dans le film Timbuktu du réalisateur Abderrahmane Sissako (et qu’on peut revoir à Utopia ces jours-ci). Disons le tout de suite, cette pièce tient ici beaucoup à la qualité des deux danseurs Ibrahima Camara et Oumaïma Manaï qui apportent fraicheur et engagement. Au milieu de plaques de taule ondulées se déroule une scène de ménage qui expose les relations Hommes – Femmes en Afrique et, en l’occurrence pour cette pièce, à Bamako, constatées par Kettly Noël… Si le propos apparaît clairement, la construction systématique se voit aussi laissant un peu sur sa faim une œuvre déjà ancienne que la chorégraphe réactive pour l’occasion sans avoir trop voulu la modifier, comme pour faire apparaître les coutures… Pourquoi pas, mais du coup, au regard des autres propositions, cela dessert la pièce.

Ensuite, nous avons pu – enfin – voir ou revoir « sans repères », la pièce de Béatrice Kombé, trop tôt disparue et que ces deux amies et danseuses Nadia Beugré et Nina Kipré ont remontée pour l’occasion. Double enjeu donc celui de transmettre une pièce dans laquelle elles ont dansé tout en donnant les indications sur les intentions comme des chorégraphes. Le quatuor de femmes, coiffées de chapeaux pointus se lancent dans un ensemble dynamique, même si un peu convenu voire trop formel. Les quatre danseuses s’engagent avec convition dans ce projet qui, on le voit bien, leur tient à cœur. C’est un beau moment de mémoire. C’est un beau moment de danse aussi.

Pour finir Salia Sanou et Seydou Boro ont remonté le trio Figninto – l’œil troué magnifiquement servi par Ousséni Dabare, Jean-Robert Kiki Koudogbo et Ibrahim Zongo. Cela débute par un solo très graphique avec un mouvement du bras et une ondulation du bassin pour finir en un duo très vite bouleversé par l’arrivée d’un troisième danseur. Particulièrement réussi, cette reprise réjouit et rappelle combien les deux artistes ont produit de pièces ensemble belles et fortes dont celle-ci.

Ce programme Afrique Subsaharienne, qui vient rappeler la richesse de la danse contemporaine sur ce continent, offre une vision ni folklorique ni ethnographique de celui-ci, faisant la part belle à de jeunes danseurs qui annoncent non seulement la relève, mais la présence durable de l’art chorégraphique dans cette partie du monde.

Emmanuel Serafini

Sans repères © Gildas Mahan

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

  • INFERNO RECRUTE SES CORRESPONDANTS EN MEDITERRANEE :

  • Allez :

  • HOMMAGE A MIKE KELLEY

  • UNTITLED FEMINIST SHOW / Young Jean Lee

  • PORTRAIT : STEVEN COHEN

  • SOPHIE CALLE : RACHEL, MONIQUE

  • ISTANBUL MODERN : VAPURS, BOSPHORE ET ART CONTEMPORAIN