« SUJETS A VIF » : « LA MÊME CHOSE » & « LE RIRE PARE-BALLES »

71e FESTIVAL D’AVIGNON – « Sujets à Vif » -Jardin de la Vierge, Lycée St Joseph 11h et 18h – Programme B : La même chose, Joachim Latarjet et Nikoklaus / Le rire pare-balles, Julien Mabiala Bissila & Adèll Nodé-Langlois

Si le matin le Jardin de la Vierge est plein de contemplations, l’après-midi, pendant que la fournaise fait ses derniers dégâts dans un week-end surchauffé et contre laquelle la pluie du matin n’a rien fait, même pas rafraichi, il faut se faire à l’idée, cette première cuvée du Sujets à Vif est un bon cru…

C’est quand même pas compliqué.
Ça commence par une arrivée tonitruante d’un barnum incroyable dans une poussette, le Nikoklaus fait son entrée avec une chaise bien fragile et une table qui ne l’est pas moins… la première action résulte de l’exploit puisqu’elle consiste pour Nikoklaus à chanter un lieder de Shubert juché sur ladite table dont le quatrième pied est bancal, sur laquelle est tout de même posée la chaise qui finira par se briser… Pas compliqué, non… Ensuite la poésie avec Robert Walser et une lecture de « Comme toujours » : le malheur est encore là, je suis encore dans ma chambre… Nikoklaus est un très mauvais acrobate puisque, jugez plutôt, il n’arrive en enfiler son sabot qui se trouve sur une planche, elle même posée sur son épaule… pas doué on vous dit ! Le reste est à l’avenant, plein de poésie, de vivacité, d’acrobaties improbables sur des mats de fortunes éclairés par une petite lampe de chevet qui donne de la lumière, qui montre le chemin. Joachim Latarjet plus en retrait mais non moins présent, rend tous les services qu’il faut à Nikoklaus en lui doublant quelques chants sur des musiques qu’il joue en direct, ce n’est pas un luxe, mieux même c’est un plaisir. Et puis, « je voulais m’arrêter, ça m’a porté plus loin » c’est tout ce qui pouvait nous arriver de mieux…

La France Afrique.
La Clown Antigone – encore elle ! – et l’auteur et comédien Julien Mabiala Bissila sont de piètres organisateurs de galas de charité puisqu’à aucun moment, malgré l’enthousiasme qu’ils y mettent, le petit panier aussi grand qu’une valise ! – ne sera touché par la monnaie… Nécessaire pour reconstruire le CEFRAD qui tombe en ruine à Brazzaville au Congo… Avec « Rire pare–balles » les deux artistes se livrent à une satire à peine exagérée qui signale la disparition du A dans Afrique qui devient Frique comme dans Paris qui devient alors pris… Tout un symbole… Au bout de sept souffles – il était temps – le spectacle s’achève sur un fiasco mais un bon message, même si des quatre propositions de ce premier programme, c’est celle qui pêche un peu par un défaut de construction ou une envie de laisser courir qui donne une sensation d’être moins aboutie, plus hasardeuse… Mais dans l’ensemble pour l’intention et la rapide analyse géopolitique qu’il porte ce court spectacle mérite notre soutien admiratif…

Emmanuel Serafini

Le rire pare-balles, Julien Mabiala Bissila & Adèll Nodé-Langlois – Photo Festival d’Avignon

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