JOSEPH BEUYS, « BACKREST », THADDAEUS ROPAC PARIS

Joseph Beuys – Backrest – Galerie Thaddaeus Ropac Paris Marais – 8 septembre – 23 décembre 2017.

La Galerie Thaddaeus Ropac présente jusqu’au 23 décembre « Backrest », exposition de Joseph Beuys mettant en relation un ensemble de dessins avec Backrest of a fine-limbed person (hare-type) the 20th Century AD (1972-1982), une sculpture majeure de l’artiste.

Dès le début de sa carrière, Joseph Beuys dessine de façon prolifique et spontanée. Le dessin devient son medium de prédilection. En 1984, il confie à la curatrice Bernice Rose: « Dessiner est la première manifestation visible de mon œuvre… c’est le moment ou les forces invisibles laissent place à la chose visible. » Son trait aussi délicat qu’intense laisse transparaitre qu’il dessine d’un mouvement de poignet. Les sujets ne sont pas toujours reconnaissables à première vue, l’image semble émerger presque par accident ou par intuition. Dans l’aquarelle Untitled (1955), une silhouette féminine apparait dans un aplat de couleur, alors qu’une forme animale se cache dans les lignes ondulées de Schwan (Cygne) (ca. 1954). Les formes et les images prennent vie grâce au langage.

Joseph Beuys utilise des titres souvent évocateurs tels que Sternbild des Bären / junger Elch rechts über dem Haus des alten Müllers (Constellation de l’Ours / jeune élan au-dessus et à droite de la maison du vieux meunier) (sans date), qui donne des clés de lecture.

L’iconographie de ses dessins varie du nu féminin au paysage, en passant par des formes plus conceptuelles telles que des diagrammes comme dans ses œuvres Rebus (1958) et Untitled (1972). Les images d’animaux ainsi que des figures mi-humaines mi-animales sont omniprésentes dans son œuvre, Frau/Tierschädel (Femme/Crâne d’animal) (1956-7) en est un parfait exemple. Ces motifs peuvent être lus comme des allégories de l’union entre l’homme et la nature.

Dans ses travaux sur papier, Joseph Beuys utilise des matériaux inhabituels tels que de la graisse animale, de la cire d’abeilles, de la craie ou encore de la margarine. Dans les années 1960, il réalise une série de dessins en utilisant du Braunkreuz, littéralement traduit de l’allemand par «croix brune», une substance que l’artiste invente en mélangeant de la peinture industrielle et du sang de lièvre. Pour l’artiste, le Braunkreuz symbolise la terre en tant que milieu protecteur. L’utilisation de substances organiques donne une qualité matérielle aux dessins et les relie directement à sa pratique sculpturale. Bernice Rose souligne que «dessiner était une nécessité structurelle et conceptuelle pour Joseph Beuys, et pas uniquement un moyen de créer une illusion». Elle explique: «de nombreux dessins des années 1960 ont été conçus comme des parallèles concrets ou émotionnels à ses sculptures, et plus tard à ses performances.»

En dialogue avec les œuvres graphiques la sculpture Backrest of a fine-limbed person (hare-type) of the 20th Century AD (Corset dorsal pour humain aux membres fins (type lièvre) du XXème siècle après J.C.), (1972-1982) traduit cette réflexion en trois dimensions. La forme en acier a été réalisée à partir du moulage d’un corset thérapeutique, initialement destiné à soutenir un corps blessé. Celui-ci appartenait à la fille de son voisin, l’artiste Gotthard Grabner. En le reproduisant en acier, Joseph Beuys met en valeur sa fonction protectrice et lui attribue une allure de carapace. L’historienne de l’art Karin Adelsbach souligne sa qualité à la fois zoomorphe et anthropomorphe, telle que suggéré dans le titre de cette sculpture.

 » L’une des aspirations de Beuys était de guérir la société par le biais d’un reconnexion avec notre nature primitive et animale. Dans son travail, la figure animale incarne cet état humain d’innocence déchue, avec le lièvre comme symbole dominant. Il a vu dans le comportement du lièvre un modèle potentiel pour la conduite humaine, en particulier l’agilité et l’énergie comme conditions pour une créativité sociale. Avec Backrest of a fine-limbed person (hare-type) the 20th Century AD, Beuys traite de la souffrance individuelle et universelle, ainsi que du rôle de l’art comme moyen de guérison. Comme l’explique Bernice Rose: «Beuys, blessé lors la seconde guerre mondiale et vivant dans une Allemagne divisée, s’intéressait à la manière dont l’expérience humaine se reflète dans le corps et ses sensations, ses plaisirs et ses peines. La métaphore du corps blessé est au cœur de son travail, elle est à la fois sa source et son essence. « 

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