BETTINA RHEIMS, « NAKED WAR », GALERIE XIPPAS PARIS

BETTINA RHEIMS – NAKED WAR – Galerie Xippas, Paris – 21 octobre – 25 novembre 2017.

La Galerie Xippas présente le dernier projet photographique de Bettina Rheims « Naked War ». Réalisé en 2017 en collaboration avec l’écrivain et romancier Serge Bramly, il est issu de la rencontre entre la photographe et les activistes Femen.

Les portraits des Femen prolongent la recherche sur la construction et la représentation de la féminité que l’artiste mène depuis plus de 35 ans et qui a pris un tournant clairement politique depuis sa série « Détenues » (2014)[1]. Dans cette continuité, Bettina Rheims se tourne vers le courant féministe où elle trouve des affinités intrinsèques à son travail.

Femen est un mouvement international de femmes du monde entier qui a vu le jour en 2008 en Ukraine. Les actions de Femen s’inscrivent dans la « troisième vague du féminisme », après les Suffragettes du XIXe siècle et les mouvements des années 1970. Plus radicales, physiquement engagées, les Femen se réapproprient les codes de la performance en agissant dans l’espace public. Portant des slogans sur leurs torses nus qui deviennent un espace privilégié de revendication, elles inventent le « nu politique » comme outil de mobilisation.

En se mettant à nu, ces femmes démontrent que le corps reste le seul et dernier moyen de résistance face à une oppression, et les réactions aux revendications des Femen prouvent que c’est un moyen extrêmement puissant. Allant des accusations d’atteinte à la pudeur jusqu’à l’agression physique, ces réactions révèlent la violence inhérente du système socio-politique actuel.

Par la mise en scène, mais également par les codes propres à l’image, Bettina Rheims donne une autre visibilité à l’engagement des Femen et transpose la problématique de l’actionnisme féministe dans le champ de l’art contemporain.

Photographiés sur fond neutre, ces corps en combat sont extraits de leur environnement public et faisant face au spectateur, s’adressent directement à lui. Par le moyen de la photographie, Bettina Rheims met en valeur le côté performatif de l’activisme des Femen et crée une œuvre où l’artiste et les activistes sont les co-auteurs. Donnant une présence forte au corps féminin, non idéal et parfois non conventionnel, devenu médium d’un message politique, la corporalité, toujours présente dans le travail de Bettina Rheims, dévoile une autre dimension – celle de l’engagement et du pouvoir.

Avec la féminité assumée mais non érotique, les Femen utilisent leur nudité comme moyen de communication qui ébranle les modes d’expression des mouvements féministes. Bettina Rheims reprend les codes de la féminité adoptés par les Femen pour remettre en question les rapports de forces sociaux-culturels où les femmes se voient encore attribuer des rôles bien précis. Retrouver son corps féminin, non comme objet du désir, mais comme sujet actif et comme acteur politique, tel est l’engagement des Femen transcrit par Bettina Rheims.

Abordant la question du corps féminin et l’image du nu comme espace et outil politique, Bettina Rheims met en avant les enjeux de la mobilisation du mouvement Femen et offre une vision renouvelée du portrait féminin en tant que « nu politique ».

De sa série sur les stripteaseuses de Pigalle (1980) qui marque le début de sa carrière, au cycle sur la vie de Jésus dans I.N.R.I. (1998), des portraits d’animaux empaillés dans la série “Animal” (1982) à son travail sur le genre dans « Gender Studies » (2011), la photographie de Bettina Rheims bouscule l’iconographie et les thèmes traditionnels. L’une des séries majeures, « Chambre Close » (1990-1992) – la première en couleur – marque le début de sa collaboration avec le romancier Serge Bramly.

Plusieurs institutions ont consacré des expositions rétrospectives à son travail : le Kunsthal, Rotterdam et le Moscow House of Photography, Moscou (2006), le C/O Berlin et le FORMA, Milan (2008), la Maison Européenne de la Photographie de Paris et le Fotografiska Museet de Stockholm (2016).

Un ouvrage rétrospectif qui rassemble plus de 500 photographies réalisées durant 35 ans de sa carrière, a été publié par les Editions Taschen en 2016.

[1] Encouragée par M. Robert Badinter et le soutien de l’administration pénitentiaire, Bettina Rheims a photographié, entre septembre et novembre 2014, plus d’une soixantaine de femmes en détention.

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