ORLAN, RETOUR A ROME

Rome, correspondance.
ORLAN à Rome par Raja El Fani. Exposition « VideORLAN – Technobody » au MACRO Rome – 25/10 – 03/12/2017

Le retour d’ORLAN à Rome, avec l’exposition «VideORLAN – Technobody» inaugurée hier au musée MACRO, n’est pas relayé par la presse française. Saluée par la presse italienne comme icône du Body Art, la grande artiste française n’est pas célébrée par la France à l’égal des autres artistes français de sa génération comme Boltanski ou Sophie Calle. La France a-t-elle un problème avec l’art qui sort des rangs du Conceptuel ?

Alors que la nouvelle ministre de la Culture Françoise Nyssen vient de lancer à la FIAC une campagne pour soutenir les artistes contemporains français à l’étranger, l’arrivée d’ORLAN à Rome est privée des honneurs officiels et médiatiques qui devraient accompagner une artiste de son calibre. Seule la Villa Médicis fera office, mais en sourdine, de soutien institutionnel à ORLAN à Rome avec une rencontre le 14 décembre en marge des expositions du cycle UNE curatées par Chiara Parisi et pourtant réservées à un éventail de femmes artistes.

Au Musée MACRO, l’ex usine de bière redessinée par son amie Odile Decq, ORLAN présente entre autres son dernier travail, un jeu interactif expérimental créé en 2015 où les visiteurs sont plongés dans une New York dévastée qui se reconstruit au fur et à mesure qu’on retrouve les parties du corps d’ORLAN. On est loin de l’effet Lara Croft et c’est voulu. Le jeu est produit par une entreprise française PTYX (les bracelets Myo sont américains, Thalmic Labs) et s’arrête au niveau 3 faute de financement.

L’exposition revient aussi sur le parcours historique de l’artiste depuis la fin des années ‘60 avec ses vidéos et installations et met bien en évidence l’évolution de la recherche d’ORLAN. Avant de se pencher récemment sur la technologie et opter finalement pour un avatar, l’artiste a, comme elle dit, longtemps «sculpté» son corps pour modifier son image contre l’idée dominante des standards de beauté. Avec l’image d’ORLAN, son idéal de beauté autre créé avec l’aide de la médecine, c’est l’art français qui prévaut sur la Body Art internationale. La France peut-elle vanter d’autres primautés artistiques aujourd’hui ?

Vingt après son exposition personnelle à la galerie de Stefania Miscetti, c’est une conférence organisée chez la même galeriste qui accueille ORLAN à Rome la veille de l’inauguration de son exposition au musée Macro. L’artiste ouvre la conférence avec un petit happening : sous un masque qui représente un sexe féminin, elle fait le tour du public et embrasse qui elle veut sur la bouche. Si ce n’est pas un remake de son «Baiser de l’Artiste», une des premières performances d’ORLAN et qu’il fallait payer, c’est l’occasion pour le public de vérifier de près le succès et le sens de ses toutes ses transformations.

Raja El Fani,
à Rome

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