SOPHIE CALLE : « PARCE QUE » & »SOURIS CALLE », PERROTIN PARIS

SOPHIE CALLE – 2 PROJECTS OF SOPHIE CALLE « PARCE QUE » AND « SOURIS CALLE » – Galerie Perrotin, Pais – jusqu’au 22 décembre 2018.

La galerie Perrotin présente une exposition personnelle de Sophie Calle, la quinzième depuis le début de la collaboration avec l’artiste en 2001. À cette occasion, Sophie Calle présente deux nouveaux projets Parce que et Souris Calle, avec la collaboration d’une quarantaine de musiciens.

Sophie Calle est l’une des artistes françaises les plus reconnues internationalement. Depuis près de quarante ans, son œuvre combine récit, image photographique, performance, vidéo, dans une traversée permanente entre le fictionnel et le réel, l’intime et le public. Comme l’affirme Alfred Pacquement : « Sophie Calle est artiste à la première personne. Elle se met elle-même en scène dans ses travaux, sans retenue. Elle y raconte en langage direct des histoires vécues, avec un souci du détail qui ne peut laisser indifférent. Elle rend le spectateur complice de son intimité sans qu’il puisse s’y soustraire.
»
L’exposition ouvre sur une série de photographies inédites, de la série Parce que masquées par des rideaux brodés d’un texte que le visiteur peut lire avant de les soulever pour découvrir l’image. Le texte qui débute par « Parce que » explique la raison pour laquelle cette image existe, pourquoi l’artiste a choisi ce moment ou ce lieu.

Ainsi, « Parce que la tentation de la suivre » s’applique à La ligne blanche (2018), photographie d’une ligne de démarcation de route qui s’enfonce sous l’eau, ou « Parce que quoi d’autre après plus rien ? » devance Plurien, sortie (2018), cliché d’un panneau de sortie de ville, face au cimetière de Plurien. La justification de la photographie est ainsi lisible avant l’image, dans un rapport tautologique inédit qui questionne la relation texte – image.

Sophie Calle est familière des jeux d’auteurs, collaborant ponctuellement avec des écrivains (Paul Auster, doubles-jeux), des artistes (Greg Shephard, No sex last night) entre autres. Pour le projet Souris Calle, dévoilé pour la première fois à la galerie Perrotin, l’artiste a sollicité une quarantaine de musiciens et de chanteurs. Chacun a composé un morceau en hommage à Souris, le chat de l’artiste, mort en 2014. La compilation ainsi produite prend la forme de trois disques 33-tours, à la fois objet accroché dans l’espace d’exposition et son diffusé dans plusieurs salles et alcôves aménagées pour l’écoute : « Le travail entrepris par Sophie Calle (…) ne cesse d’interroger et de redéfinir la notion d’auteur, laquelle s’est enrichie de processus de plus en plus complexes de co-signatures, de palimpsestes et d’hypertextualité.» écrivait à son propos la commissaire d’exposition Christine Macel.

Avec ce projet, Sophie Calle étend encore plus la notion d’auteur pour partager un deuil et la célébration d’un être aimé. Comme le décrit le critique d’art Yve-Alain Bois « (Sophie Calle) partage avec les endeuillés mélancoliques qui, pour endiguer leur malheur, transforment l’être cher qu’ils ont perdu en un idéal de perfection.»

Cette monomanie peut prendre plusieurs formes, on se souvient de Douleur Exquise (1984-2003) ou Prenez soin de vous (2004-2007). Elle aboutit ici à un protocole collaboratif avec des musiciens, tel un acte de résilience pour combler le manque de Souris. « J’ai noté son recours obsessionnel au passé que par bribes cumulatives elle conjure en un tout qui semble plus unitaire. » Cet album est plus qu’une compilation musicale, c’est une œuvre complexe qui crée une unité dans l’absence. Le vidéo-clip Souris Calle (2018) est projeté dans une salle adjacente : Sophie Calle y raconte les dix-sept années de vie commune avec son chat, sa personnalité, leur habitudes et le vide créé par sa disparition.

Le dispositif de l’exposition est complété par une sélection d’œuvres de la série des Autobiographies, liées au décès de Souris. Juxtaposant des textes encadrés avec des photographies, ces Autobiographies sont une des séries les plus fameuses de l’artiste. Depuis 1991 elles ont été exposées dans le monde entier : Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain de la Ville de Paris, Tel Aviv Museum of Art, Sprengel Museum de Hanovre, Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, entre autres. « Elle fait de sa vie une performance continue » disait d’elle l’historienne de l’art RoseLee Goldberg . Entre collaborations, détournements et jeux, Sophie Calle développe une œuvre singulière, aux prétextes autobiographiques mais à la portée universelle.

Images copyright Sophie Calle / Galerie Perrotin

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