« LE PRESSENTIMENT DE MON INDISCIPLINE » : LA LIGNE SOUS TOUTES SES FORMES

Le pressentiment de mon indiscipline – Group-Show – Galerie Anne-Sarah Bénichou – Jusqu’au 20 juillet 2019.

La ligne est sujet, motif pour diverses expériences spatiales. À la galerie Anne-Sarah Bénichou, des artistes dialoguent en réponse aux œuvres à la fois anciennes et réalisées pour l’occasion de Bernar Venet. L’artiste, connu pour ces sculptures d’Arcs, Lignes indéterminées en acier corten dans l’espace public développe des pièces à la fois monumentales et conceptuelles. Le titre de cette exposition fait écho à l’ordre et au désordre, aux lignes comme liens, outils et écritures dans l’espace

Des œuvres créent ici de nouvelles perceptions de la galerie. Bernar Venet a créé pour l’occasion une pièce in situ, La Ligne Droite – La Ligne Objet / La Ligne Instrument / La trace de la Ligne comme mémoire tangible du geste pictural, entre performance, sculpture et peinture. La ligne est ici mémoire du geste de l’artiste.

Courbe continue, en acier coupé au chalumeau, incarne à la fois une puissance et une légèreté dans le geste. Entre sculpture et dessin dans l’espace, cette pièce joue sur l’équilibre et la pesanteur.

Marion Baruch interroge par ses œuvres la place de l’individu dans son environnement. Dans le rêve, réalisée en lambeaux de tissus noir renvoie à notre société industrielle, à l’histoire des matériaux et à leur utilisation. Ces chutes composent une œuvre entre géométrie et organicité de la forme.

Comme perdue dans l’espace et telle une feuille de salle, l’œuvre de Valérie Mréjen est à lire. Portrait robot restitue un panel d’avis de personnes sur l’idée d’abstraction. Suite à un atelier créatif, l’artiste a relevé un certain nombre de descriptions sur l’idée d’une ligne. Cette proposition artistique met en parallèle la ligne comme motif de dessin et comme chemin de pensée.

Des œuvres conceptuelles de Bernar Venet montrent également son intérêt pour la science et les mathématiques. Astrophysique de 1967, à l’encre et acrylique sur toile est une sorte d’horloge dont la lecture nécessite une maîtrise d’un code.

Chourouk Hriech présente une œuvre récente qui convoque les notions de voyage… Pour Trajectographie #2, il a réalisé un dessin mural sur lesquels sont disposés des dessins encadrés réalisés aux feutres Posca et encre de chine sur papier de dimensions variables. Il bouscule notre habitude du regard et perturbe nos repères de l’espace en superposant et en démultipliant les points de vue. Son installation nous conduit à faire surgir des souvenirs de voyages, de promenades où, le regard attentif, nous gardons en mémoire les lignes des bâtiments.

Chez Julien Discrit, la ligne est trace qui témoigne de la mémoire d’un lieu. Il a réalisé un moulage à partir d’une des rares empreintes géologiques visibles de la limite entre la fin du Crétacé et le début de l’ère tertiaire remontant à 66 millions d’années. Sa pièce relève de l’archéologie et incarne le temps long. Elle matérialise une limite spatiale et temporelle et révèle la fragilité de notre terre.

Ainsi, les œuvres ici réunies présentent différentes matières et diverses relations à l’espace, entre fluidité et force, mouvement et tenu. Cette exposition met en lumière comment la simplicité d’un élément, la ligne, ouvre sur une multiplicité de possibles, du signe mathématique jusqu’à la matière, fragment, révélateur d’une expérience physique.

Pauline Lisowski

Images copyright the artists – courtesy Galerie Bénichou, Paris

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