FESTIVAL D’AVIGNON. « VIVE LE SUJET ! » LE SERIE 1 FAIT BIEN MIEUX QUE LE SERIE 2

ILS SE JETTENT DANS DES ENDROITS OU ON NE PEUT LES TROUVER

FESTIVAL D’AVIGNON. « Vive le sujet ! » (série 1) : « Ils de jettent dans des endroits où on ne peut les trouver » – Marie Payen et Mehdi-georges Lahlou & « Axis Mundi » – Anne Nguyen et Elise Vigneron – Jardin de la Vierge du Lycée St Joseph, 11h.

La temporalité d’Avignon empêche souvent la logique des programmes et, le moins que l’on puisse dire, c’est que le Série 1 de Vive le sujet de 11h00 fait bien mieux que le Série 2 décevant de 18h00.

Ils ont fait mieux qu’hier !

La matinée commence par Ils de jettent dans des endroits où on ne peut les trouver où l’on rêve que les comédiens de Pascal Rambert demandent des cours de bégaiement à Marie Payen puisqu’elle interprète une personne qui déclame son texte à la Pierre Repp (regardez sur le net si vous ne connaissez pas !) : il faudra qu’on se parle de repères… il faut qu’on se pose… il va falloir qu’on se parle… pendant que Mehdi-Georges Lahlou « plante » littéralement le décor de fétus de paille avant de danser sur « chéri je t’aime chéri je t’adore »… La relation entre les deux univers tombe bien. Marie Payen semble se laisser guider par Mehdi-Georges Lahlou qui ne recule devant aucun porté, aucune action dérangeante, la mettant sans cesse a sa merci, tantôt Madone à l’enfant, tantôt conteuse au bord d’une chaise qu’il se plaît à déplacer sans lui demander son avis ! Elle entonne des tubes de Bjork, ils se confient qu’ils aiment « les silences après le rire ». Ils sont complices. Ils sont bien ensemble et nous le sentons. Une belle découverte de deux artistes dont on ne soupçonnait pas le potentiel.

Quelque chose de Gisèle Vienne et de Phia Menard

La danseuse Anne Nguyen fait son entrée devant le magnolia – devenu célèbre grâce à Frédéric Ferrer – du Jardin de la Vierge du Lycée St Joseph. Elle est entourée de quatre colonnes noires. Elise Vigneron s’avance vers nous. Elle pose une sorte de galette blanchâtre sur un tourne-disque et l’actionne. Elle prend une sorte de galet qu’elle lance de la face vers le lointain. Elise Vigneron est tout en noir avec des gants en latex qui lui montent sous les aisselles. Elle ressemble à un personnage d’une pièce de Giselle Vienne, apparaissant comme une femme dominatrice. Elise Vigneron place en contact la tête de sa partenaire sur ce galet et lui fait faire le poirier. S’en suit une danse puissante et très physique dont seule Anne Ngyuen à le secret. Une musique électro de Black Case laissera la place à celle de Basilisk permettant à Anne Nguyen de trouver le beat qu’il lui faut pour sa danse. Sans divul-gâcher la chose, on pense fortement à Phia Menard et son Black Monodie et ses sacs de sels dans le même endroit en voyant cet « Axis Mundi »… une tentative de rencontre là aussi concluante et réussie où l’univers des deux artistes se sert mutuellement faisant jaillir un moment de poésie pure que symbolisent les figurines translucides d’Elise Vigneron.

Emmanuel Serafini

Photo Christophe Raynaud De Lage

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