ENTRETIEN : GILLES BOUCKAERT, SA SCENE NATIONALE CHALOUPEE PAR LA CRISE

DOSSIER. AU SUD, LA CRISE : Entretien avec Gilles Bouckaert, directeur des Salins, Scène nationale de Martigues.

Inferno : Le théâtre des Salins, dès le début de la crise, a soutenu fortement les compagnies et les différents intermittents associés. Quel impact aura cette implication pour les saisons à venir ?

Gilles Bouckaert : Ma première réaction à l’annonce du confinement et donc de l’annulation des spectacles a effectivement été d’annoncer un soutien aux compagnies et aux intermittents. Il fallait avant tout préserver ce qui est le cœur même de notre activité : les artistes et les techniciens qui se retrouvaient du jour au lendemain sans activité. J’avoue aujourd’hui que cette annonce était à l’époque irraisonnée et
surtout prématurée, car nous ne savions pas si nos financeurs publics allaient nous suivre dans cette décision. Ce fut le cas, nous pouvons donc imaginer l’avenir et la reprise de nos activités plus sereinement.

Pensez-vous qu’il faille repenser la représentation théâtrale afin de se préparer à de nouvelles crises ou même afin d’attirer un nouveau type de public plus jeune ?

Nous sommes un milieu ou le changement et la nouveauté ne nous ont jamais effrayé, ça fait même partie de notre ADN, et plus encore de celui des artistes. Evidemment que cette crise laissera des traces, mais il faut surtout en retirer le meilleur. J’ai plutôt tendance à penser que ce n’est pas sur ce socle, qui n’est quand même pas la meilleure chose qui nous soit arrivée, que nous devons repenser l’avenir. Quant au public jeune, il est depuis toujours au centre de nos réflexions. Le renouvellement du public, et la volonté de s’adresser au plus grand nombre sont le fondement de notre action culturelle.

Comment avez-vous gardé le lien avec votre public durant la crise ?

Nous ne sommes pas une structure de création mais de diffusion, notre équipe est donc essentiellement administrative. Tout le monde a bien sûr gardé le lien avec le public, avec les partenaires et plus largement avec toutes les personnes que la scène nationale fédère. Nous nous sommes fait également le relais des artistes en relayant les contenus virtuels de ceux que nous devions ou que nous allons accueillir. Nous avons réalisé, en collaboration avec la Ville de Martigues, une série de 300 portraits des personnes qui travaillaient pendant le confinement. Cette exposition est encore visible sur la façade du théâtre.

Qu’attendez-vous des différentes instances et en particulier de la nouvelle ministre de la culture pour les mois à venir ?

L’ex Ministre de la Culture a totalement été absent pendant cette crise. Nous sommes pourtant des relais sur le terrain, au plus proche des populations. Il est important que les choses changent et que l’on soit considéré comme de véritables partenaires, voire comme le bras armé, d’une politique culturelle de territoire. Nous ne pouvons plus être considérés comme de simples opérateurs et c’est dans une relation construite et nourrie que nous imaginerons ensemble ce que doit être le monde de la culture de demain. Nous attendons donc beaucoup de la nouvelle Ministre.

Propos recueillis par Pierre Salles

Photo Jean-Michel Blascobis

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