« PUPO DI ZUCCHERO – LA FESTA DEI MORTI » : LA SAGRADA FAMILIA

PUPO DI ZUCCHERO - LA FESTA DEI MORTI

75e FESTIVAL D’AVIGNON ». « PUPO DI ZUCCHERO – LA FESTA DEI MORTI » (LA STATUETTE DE SUCRE – LA FÊTE DES MORTS) – Emma Dante – Gymnase du Lycée Mistral les 16 – 19 /07 et 21 – 23/07

LA SAGRADA FAMILIA

Elle est de retour ! Le festival d’Avignon 2021 fait coup double avec Emma Dante, cette artiste italienne tellement attachante et qui avait complètement séduit avec Bestie di scena au Festival d’Avignon 2017…

Avec « Pupo di zucchero – la festa dei morti », elle présente une vraie saga, un spectacle total où tous les langages scéniques sont utilisés pour faire vivre ce songe et c’est une réussite…

Emma Dante sait raconter des histoires et les rendre universelles… Elle prend un boule de pâte à pain, elle met un vieil homme en complet veston devant et c’est toute la famille qui apparaît, ses souvenirs, ses amours… c’est tendre, attachant… C’est d’une poésie folle et rien ne nous détache de ce qui se passe sur le plateau. Elle sait composer avec une troupe épatante qui passe d’un registre à l’autre : de la commedia de l’arte avec masques à la marionnette, au cabaret, à la comédie musicale… Elle crée un climat propice à l’empathie et tout le monde se reconnaît dans cette fresque du sud de l’Italie…

Si la poésie est bien présente, la drôlerie des frasques ne manque pas et comme en écho à notre époque, elle évoque par exemple les femmes battues, un travers persistant à travers les âges, qu’elle convoque sans le résoudre autrement qu’en disant : « qu’un homme qui bat sa femme n’est qu’un sous homme », pas sûr que cela suffise mais on voit que la metteuse en scène ne cherche pas à passer sous silence ce drame familial manifestement présent depuis tout temps dans les familles.

Il n’y a pas de décor et les accessoires qui surgissent sans cesse offrent ainsi une action en perpétuel mouvement, où rien ne semble ralentir le temps… Il y a quelque chose du Bal d’Etore Scola dans cette pièce, à travers les danses et la façon d’entrer et sortir du plateau…

Les scènes se juxtaposent sans laisser de temps morts, les actions se répondent comme dans une bande dessinée et la troupe – tous excellents, citons-les : Tiebeu Marc-Henry Brissy Ghadout (Pasqualino), Sandro Maria Campagna (Pedro), Martina Caracappa (zia Rita), Federica Greco (Primula), Giuseppe Lino (Papà), Carmine Maringola (il Vecchio), Valter Sarzi Sartori (zio Antonio), Maria Sgro (Viola), Stephanie Taillandier (Mammina), Nancy Trabona (Rosa) nous font vivre un pur moment de théâtre.

Une fête des morts bien vivante comme on les aime au Festival….Un moment de nostalgie qui laisse songeur à la sortie du spectacle dans notre petite tête en sucre !

Emmanuel Serafini

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

  • Mots-clefs

  • Archives