« VIVE LE SUJET ! » SERIE 4 : DEUX BOUFFEES D’AIR FRAIS ET DE GRÂCE DANS LE JARDIN DE LA VIERGE

PLASTIC PLATON - VLS

75e FESTIVAL D’AVIGNON. « VIVE LE SUJET ! » Série 4 : « PLASTIC PLATON » Juglair – « 7 VIES » Nach – Jardin de la Vierge du Lycée Saint Joseph à 18h. jusqu’au 24 juillet.

Dernier opus de cette édition et nous voici réunis pour la dernière fois de ce festival par la SACD dans le jardin de la Vierge du Lycée St Joseph et on peut dire, à l’aune de tout le déploiement de ce programme, que c’est une belle édition qui vient confirmer, bien des années après sa création, la nécessité de ces rencontres avec des artistes – auteurs dans ce jardin qui en a tant vues !

1, 2, 3 SOLEIL

Tout d’un coup surgit un monstre de foire. Deux corps sont liés par de longs pans de cellophane et qui tentent de monter sur la scène. Les corps sont empêchés mais rien de mieux pour signifier que dans chaque homme il y a une femme et inversement… Le chanteur de tous style Julien Fanthou est lié à la circacienne Juglair pour une courte durée puisque, tout de même, ces deux-là se détachent… On rit de bon cœur devant leur face aplatie par le plastique. Juglair prend la pose de dos comme les culturistes. Elle a les épaules si larges, face au filiforme Julien, qui ne fait pas le poids ! Julien prend la pose telle la Vénus de Boticceli… Il minaude. Il se juche sur des talons aiguilles. Il chante une ode de Narcisse au bord du lac… il se trouve beau dans son miroir. Il est seul et il se plaît. Surgissent, évidemment, des licornes, sinon, ce n’était pas réussi… le tout est léger, exactement ce qu’il faut pour s’échapper de la ruche avignonnaise, les figures au mât de Juglair sont parfaites. Elles nous épatent sans cesse et permettent aux deux compères de traiter de cette question de l’identité avec une certaine légèreté mais non sans pertinence. Plaisant et juste.

TIR/CHARGE/PROTEGE

Ensuite c’est la krumpeuse Nach qui vient vers nous avec Ruth Rosenthal et ses musiques et ses slams pour, là aussi, parler du corps, de son message et de son sens. Le plateau est truffé de pieds de micros placés ici et là. On y croise aussi une console, quelques outils nécessaires au mixage. On est un peu dans un exercice réussi de surtitrage. Ce que ne formule pas Nach, Ruth le dit un peu comme un discours traduit en LSF. « Mon corps est une arme intelligente et compliquée enchainé à des milliers de femmes avant moi »… Pas d’autres commentaires, c’est beau et juste. Nach déploie une danse engagée, presque douce par rapport à ce qu’on lui connaît. « Tir/Charge/Protège » est le jeu que les deux artistes se sont imposés avant de dire en cœur « si on ne la danse pas, on ne pourra pas la faire cette révolution » et avec elles deux, elle est en route. Un moment de grâce avec tout ce qu’il faut pour revenir l’an prochain si aucun variant de vient nous gâcher la fête, espérons.

Emmanuel Serafini

Images : « VIVE LE SUJET ! » Série 4 : « PLASTIC PLATON » Juglair – Photos Christophe Raynaud de Lage / Festival d’Avignon

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