A SAINT-NAZAIRE, LAURE WERNLY ET SEBASTIEN LY DANSENT NOTRE PRESENCE AU MONDE

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Laure Wernly, « Banoï » – Sébastien Ly, « Now » – Théâtre Simone Veil de Saint-Nazaire – janvier 2022

Gratter dans son héritage et trouver à l’intérieur une matière pour créer l’ensemble, le nous, le soi.

Sur le plateau Laure Wernly présente Banoï et Sébastien Ly, Now. Tout les deux ont cherché à construire des mouvements pour traduire leurs identités. Deux actes chorégraphiques, deux empreintes, deux gestualités très différentes se présentent sur la scène du théâtre Simone Veil de Saint-Nazaire.

Laure Wernly étudie la danse, le cirque, fabrique dans le théâtre de rue une pratique qu’elle intègre dans ce seul en scène qu’elle élabore au Laos il y a 3 ans. De retour à Saint-Nazaire avec ce projet elle propose sur scène une interprétation empreinte d’un sentiment de révolte et d’impuissance qu’elle transmet avec un mouvement épuré, travaillé dans le détail. Sur le plateau les masques des visages de ses ancêtres flottent au bout des branches sombres et métalliques de son arbre généalogique, créent une présence fantomatique. Entre eux, quelque chose craquelle, le lien. L’empreinte du déracinement, la trace d’un passage que nos pas sur la neige n’auraient pas laissé. Les souvenirs d’un voyage que les photos n’auraient pas prises. La musique de Julien Joubert et les voix immobiles laissées en mémoire et partagées sur la scène ramènent au passage les poussières volatiles des temps passés.

Derrière le rideau rouge on échange d’interprète, Sébastien Ly danseur aux multiples influences débute sa carrière au Centre Chorégraphique National de Nantes sous la direction de Claude Brumachon. A Londres il développe une danse performative avec Punchdrunk Theatrical Experiences, en France il s’inspire d’un aspect plus baroque avec Béatrice Massin et au Vietnam il crée un Festival transdisciplinaire Krossing Over.

Son spectacle Now continue le cycle qu’il a commencé avec Nhà pour son triptyque Habiter le monde. Now se présente sur un espace scénique à nu, les portes en fond de scène s’habillent religieusement de leurs signalétiques lumineuses. Côté cours au sol quelques instruments de musiques sont posés près d’un ordinateur, le musicien Loïc Guénin nous transporte dans des paysages sonores texturés de notes subtiles. Le danseur étire de l’angle de la scène le fil rouge de son spectacle. Les déséquilibres auxquels nous sommes confrontés, le changement climatique et la crise migratoire sont aussi les forces dévastatrices qui colorent son propos. Son rapport à l’origine est frontal, dérangé par l’agencement du monde. Les frontières sont délimitées au sol, des murs invisibles érigent nos paralysies. Courir vite et se cogner contre nos parois mentales pour se confronter à l’urgence de vivre, en conclusion le chorégraphe nous laisse sous tension.

Laura Wernly et Sébastien Ly dansent notre présence au monde et essaient de s’enraciner quelque part, sans savoir vraiment où nous mènent nos petites et grandes histoires.

Claire Burban

Photo : Now – Crédit photo : Sem Brundu 

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