CHARLES RAY À POMPIDOU ET À LA BOURSE DU COMMERCE

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CHARLES RAY – Centre Pompidou, Paris, du 16 février au 20 juin 2022 et Bourse du Commerce-Collection Pinault, Paris, du 16 février au 6 juin 2022.

Le sculpteur américain Charles Ray (né en 1953) fait l’actualité culturelle de ce début d’année jusqu’au printemps avec deux importantes expositions, l’une au Centre Pompidou, l’autre à la Bourse du Commerce-Collection Pinault.

Figure majeure de la sculpture américaine contemporaine, Charles Ray (né à Chicago en 1953, vivant et travaillant à Los Angeles) est pour la première fois exposé dans une institution publique française. Imaginée en dialogue avec l’artiste, cette exposition propose, à travers un ensemble d’œuvres représentatif de ses cheminements, une promenade à travers un paysage à habiter autant par le corps que par l’esprit.

Le corpus de Charles Ray, s’il est restreint en quantité (une centaine d’objets à ce jour) est extrêmement riche. Son travail interroge le spectateur : qu’est-ce qu’une sculpture ? Les réponses de l’artiste sont multiples. Grâce à une profonde connaissance de l’histoire de l’art sculptural, des sculptures archaïques grecques jusqu’aux réalisations de ses contemporains, le travail de Charles Ray se distingue par son immédiateté.

La Bourse de Commerce — Pinault Collection consacre, à la même période, une exposition à l’artiste conçue en étroite collaboration avec le Centre Pompidou et en dialogue avec l’artiste, à partir du 16 février 2022.

Cette carte blanche à l’artiste, inédite en France et en Europe par son ampleur, est partagée avec le Centre Pompidou : deux expositions sont co-présentées dans les deux musées, voisins l’un de l’autre.
Le corpus de l’œuvre de Charles Ray étant composé d’une centaine de sculptures et de bas-reliefs, c’est plus d’un tiers de son œuvre sculpté qui se trouve présenté à Paris pour la première fois, avec près d’une vingtaine d’œuvres à la Bourse de Commerce — Pinault Collection comme au Centre Pompidou.

Après l’accrochage inaugural collectif « Ouverture », la Bourse de Commerce – Pinault Collection renouvelle son parcours pour se consacrer à cette exposition événement. La présentation s’étend du parvis du musée à la Rotonde, du Salon aux galeries du 2e étage, soient sur les deux tiers de la surface d’exposition totale du musée. Elle dévoile un ensemble exceptionnel, dont six œuvres inédites, issues à la fois de la Collection Pinault et de prêts à d’importantes collections publiques et privées dans le monde. Deux œuvres de la collection sont également prêtées pour l’accrochage du Centre Pompidou.

Cette première grande exposition monographique présentée à la Bourse de Commerce est le manifeste de la capacité de la Collection Pinault à prendre des partis-pris forts, à s’engager auprès d’un artiste en l’invitant à investir une très grande partie de son nouveau musée. Ce choix témoigne de la force de la relation, depuis plus de vingt ans, entre le collectionneur et l’artiste, et l’importance que ce dernier occupe dans la collection (sept œuvres présentées dans onze expositions depuis 2006, dont certaines ont acquis une dimension iconique comme le Boy with frog – commandé à Charles Ray par François Pinault pour l’ouverture de la Punta della Dogana et qui fut exposé devant la Douane de mer à l’embouchure du Grand Canal, à Venise).

L’exposition s’inscrit aussi dans le fil d’importantes monographies, cartes blanches et rétrospectives consacrées, à Venise, aux figures majeures de l’art contemporain par Pinault Collection : Marlene Dumas (2022), Bruce Nauman (2021), Henri Cartier Bresson (2020), Luc Tuymans (2019), Albert Oehlen (2018), Damien Hirst (2017), Sigmar Polke (2016), Danh Vo (2015), Martial Raysse (2015), Irving Penn (2014), Rudolf Stingel (2013) et Urs Fischer (2012).

Entre formalisme et réflexion sur la représentation et sur l’individu, Charles Ray joue avec la notion d’échelle, le recours au réalisme comme à la stylisation.

Ici une attention soudaine au détail, ailleurs une veine qui s’efface, un regard absent, une expression suspendue… Faits sculptures, les êtres et les objets quotidiens pris pour modèles déjouent sobrement nos repères, par ces imperceptibles décalages et transpositions, par un recours à ce que l’œil pourrait, au premier regard, retenir comme une obsession hyperréaliste, virtuose presque, mais dont les détails, les particularismes, se dérobent. Sans attribut, contexte, ni narration, les œuvres de Charles Ray parviennent, par leur présence, leur masse, leur monumentalité, à s’ériger en figure universelle, jusqu’à l’abstraction.

L’artiste s’amuse à « nous y faire regarder à deux fois ». Plus encore : tant par leur «étrange familiarité », leur ambiguïté, que par leur indicible précision aux allures de prouesse, les œuvres de Charles Ray déstabilisent, comme sous l’effet d’une hallucination, parvenant presque à ébranler l’espace autour d’elles, la réalité même, faisant entrer silencieusement le regardeur dans une forme de fiction.

Les œuvres de Charles Ray s’inscrivent dans une profonde connaissance de l’histoire de l’art classique, de l’Antiquité.

Elles sont traversées par les grands exercices de la statuaire, la maîtrise et le jeu sur ses incontournables canons, tout en prenant vie dans l’histoire, les thématiques et les démarches propres à l’art contemporain le plus radical. Que l’œuvre soit produite en acier, en fibre de verre, en aluminium, en ciment, en papier, en acier poli, la pratique de Charles Ray convoque divers procédés, entre travail artisanal et technologie industrielle de pointe, dissimulant toujours sa complexité parfois vertigineuse et le temps souvent très long de son élaboration.

Charles Ray explique comment, par sa lecture de l’œuvre d’Alberto Giacometti et de ses figures élancées dans l’espace, il est venu à ne plus « penser à la sculpture » mais à « penser sculpturalement ». Sa pratique artistique place en effet la question de l’espace au centre de sa recherche et propose au regardeur une expérience du rapport au réel, plus complexe, plus mystérieuse. Pour Charles Ray, la sculpture est le médium qui instaure la relation la plus privilégiée à l’espace, qui explore le plus efficacement cette mise en tension, physique et psychique. Aussi, l’artiste conçoit-il des sculptures capables d’agir sur le spectateur, notamment par l’ampleur de l’espace vide qu’elles nécessitent autour d’elles, sans mise à distance, le plus souvent de plain-pied, sans dispositif apparent de soclage.

Ces deux événements offrent des lectures complémentaires ainsi qu’une publication commune et détaillée de l’œuvre de Charles Ray, éditée par le Centre Pompidou sous la direction de Jean-Pierre Criqui et de Caroline Bourgeois.

Image: Charles Ray, « Fall ’91 », 1992 © Charles Ray Courtesy Matthew Marks Gallery. Photo : Anthony Cuñha

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