SALVES : MAGUY MARIN REORGANISE LE CHAOS

Salves / Compagnie Maguy Marin / La Scène Nationale de Cavaillon le 24 janvier 2012 (durée 1h10) .

« Il y a urgence à sortir du trou dans lequel je sens qu’on se trouve tous. Une sorte d’impuissance à changer les hommes qui nous dirigent. A prendre en main notre destin, à reconstruire des choses qui ont été détruites et qui continuent à l’être. Je le ressens comme une urgence. » Maguy Marin

La Scène Nationale de Cavaillon est pleine à craquer. Sur les marches, dissimulés entre les spectateurs qui ont réussi à avoir un billet in extremis, se cachent les danseurs. Appelés par un premier performer, l’un après l’autre, ils viendront tisser le fil (imaginaire -ou pas?-) de l’histoire dans l’Histoire. C’est ainsi que commence un long voyage dans un univers obscur.

Et il fait noir, pour de vrai. Les quelques projecteurs s’allument et s’éteignent à répétition, il y a des flashs, des éclairs, et c’est cette faible lumière qui guide le spectateur. Les 7 protagonistes sont -probablement- des survivants. Ils bougent en petits groupes hétérogènes, effrayés et confus, perturbés par quelque chose.

Une fuite permanente qui est sans doute un rappel aux grandes catastrophes du siècle dernier.

Les nombreux tableaux -minutieusement travaillés et techniquement parfaits- sont décomposés, et remplis d’objets cassés, puis recollés et à nouveau cassés. Parce qu’il faut redémarrer, reconstruire, toujours.

Et Maguy, elle y met de la matière ! Il y a de tout : la religion, l’art, les peintres et leurs tableaux (de Delacroix à Picasso), il y a la Venus de Milo, la Statue de la Liberté, Elvis -une fois, deux fois, trois fois… à répétition !-, et puis Fellini.

Un chaos, dans lequel les performers courent plus qu’ils ne dansent -nombreux sont ceux qui en feront le reproche à la sortie- un chaos qui se termine par une bataille à coup de vaisselle et de peinture autour d’une immense table de banquet sous le contrôle d’un Christ suspendu à un hélicoptère télécommandé (clin-d’œil à une célèbre séquence de La Dolce Vita). Un final absurde, burlesque, malheureusement quasi ridicule -nous aussi, nous avons un reproche-.

Salves est la sonnette d’alarme d’un monde malade où la rage gagne toujours sur le désespoir.

La catastrophe n’est-elle pas une menace toujours actuelle ?

Giulietta Romeo

http://www.compagnie-maguy-marin.fr/

tournée Salves : http://www.compagnie-maguy-marin.fr/dates


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