APRES PALERME, AU TOUR DE NAPLES DE FERMER SON MUSEE D’ART CONTEMPORAIN

Tribune
NAPLES : Le MADRE ferme ses portes aujourd’hui : 30 licenciements.

Et de deux ! Après le Musée Riso de Palerme (cf notre article), c’est au tour du Musée d’Art Contemporain de Naples de fermer ses portes. Décidément, l’Europe aux ordres des marchés financiers, fait fissa pour apurer sa « dette » de la plus brutale et injuste des manières, sur le dos de la culture et singulièrement de la création contemporaine.

Mario Monti et ses technocrates affidés à la finance internationale et aux règles sacrées de la rigueur économique mettent les bouchées doubles. Comme en France, en Espagne, au Royaume Uni et bientôt dans toute l’Europe, c’est l’art contemporain qui trinque le premier. La perversité et le cynisme de nos nouveaux gouvernants technocratiques, animés par l’esprit de corps, zélateurs de la mise au pas imposée par les marchés, n’ont plus de limite. En s’attaquant aux pauvres, aux plus défavorisés, et maintenant en s’en prenant à la culture et à ses créateurs, l’Europe de l’euro fort et de la doctrine zéro dette flingue sans appel toute l’intelligence des peuples et la liberté de ceux-ci à penser autrement le monde qu’au travers du filtre du libéralisme économique, de la guerre financière et de la logique de rentabilité. Une Europe qui perd son âme et s’abandonne aux diktats du capitalisme sauvage, destructeur d’égalité, fossoyeur de la liberté et de la pensée.

A Naples, la perte du MADRE (Museo Arte contemporanea Donna REgina napoli) est vécue comme un nouveau coup-bas des institutions aux ordres d’un gouvernement non élu, qui considère le pays comme s’il s’agissait d’une simple entreprise à rentabiliser. En refusant de renflouer les déficits obligés d’un musée qui est avant tout un service public, les institutions et l’Etat liquident le premier service à rendre à une population : l’éduquer et lui proposer un peu de Beauté dans ce monde de misère purement comptable, soumis à l’incurie intellectuelle des parvenus et des spéculateurs.

C’est un signe fort. En ravageant la culture contemporaine, l’Etat italien,  à l’instar de l’Europe de  la gouvernance libérale, prouve s’il en était besoin son mépris de l’humanité et son rejet profond d’une pensée libre et insoumise.

Marc Roudier

Lire l’article : http://www.ilmattino.it/articolo.php?id=177130

Visuel : Claude Closky « Climb at your own risk » au MADRE en 2006.

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