DANSE : LE « TRIPLE A » DES HIVERNALES

Retour sur la 34e édition des Hivernales d’Avignon.

Après l’Afrique et les Amériques, cette année le festival avignonnais fait focus sur l’Asie.

À travers une programmation très riche : sept créations, neuf premières en France, des avant-premières, les découvertes des HiverÔclites, ou encore des stages, des expositions, des rencontres et plusieurs projections vidéo, l’invitation posait la question de l’identité et des racines.

Catherine Divèrres et son « Encor », créée en 2010 pour la Biennale de danse de Lyon, est une succession d’instants de vie. Il y a dans cette pièce tout le sens de son titre : une répétition incessante de mouvements, une persistance absolue, une obstination à faire et refaire. Les cinq danseurs évoluent dans le chaos : des mouvements hystériques sur musique techno au fameux ballet de Bande à part de Godard, des tutus aux masques baroques le tout dans un grand salon vide, à remplir de gestes, d’allées et venues.

Des bruits de marteaux piqueurs surgissent : déconstruction ou construction ? Les corps teints de rouge des danseurs se mêlent… La question de l’origine surgit. L’origine du monde, de l’humanité, ou simplement l’origine de la dance ?

On aime l’engagement avec lequel la notion de temps est questionné, malgré cela, le spectacle remue un peu trop dans sa sauce, surtout dans sa partie centrale, là où nous il nous arrive de penser : No, pas encor(e) !

http://www.compagnie-catherine-diverres.com/site.php

 

C’est grâce à Carlotta Ikeda que nous retrouvons sur le plateau des Hivernales l’essence du butō.

Cette danse du corps obscur commence sur les mots de Marguerite Duras. « Waiting » évoque une imagerie grotesque et des sujets tabous tels que l’inceste, le plaisir solitaire ou le suicide. Loin des jugements moraux qu’on a pu entendre ici ou là à la sortie de salle, l’évocation de ces émotions est très justement interprétée.

C’est avec des mouvements extrêmement lents, mêlés aux expressions bouleversantes, que la chorégraphe livre sa palette émtionnelle très forte, jusqu’à l’évocation de la morte, à l’image du cadavre.

Tout aurait pu s’arrêter là. Et cela aurait était sublime. Regret que cette fin de solo qui se termine sur une balade brésilienne.

http://www.ariadone.fr/

 

Parmi les nombreux spectacles proposés il n’aurait pas fallu manquer la 200ème de « Parce qu’on va pas lâcher » de la Compagnie Onstap. Jeunes habitants d’une cité délabrée -Monclar, à Avignon-, Mourad Bouhlali et Hassan Razak mêlent la discipline du Step (utilisation du corps comme instrument de musique) à la danse, au théâtre et encore au slam. Dans cette pièce, ils racontent leur parcours, leur rencontre avec le théâtre, leurs racines, leurs espoirs et leurs idéaux. Un moment agréable.

http://www.cie-onstap.com/

 

Les HiverÔclites, programmation parallèle du festival, se sont déroulés sur deux jours pour accueillir sept compagnies venues de différentes régions.

Tous ont présenté des extraits d’une durée d’une dizaine de minutes devant un public curieux -malheureusement pas très nombreux- et devant un jury composé de programmateurs et des journalistes. Le prix du public est attribué cette année à la Compagnie Ezio Schiavulli, qui passera une semaine en résidence au CDC Les Hivernales.

« Noblesse oblige » a su conquérir les spectateurs avec son ironie acide du politiquement correct.

http://www.ezioschiavulli-compagnie.com/

Le prix du jury, dont une semaine de résidence au Palais du Ballet national de Marseille, est remporté par la Compagnie Parc qui présentait un extrait de « Stück », univers intrigant sur le jeu de mots, porté par un trio talentueux.

http://www.compagnieparc.com/

 

En clôture du festival, c’est T.H.E. Dance Company de Singapour que nous offre un spectacle puissant et remarquable.

La dernière soirée se décline en deux performances, dont «As It Fader » est une première en France. « WaterBloom » est un travail qui juxtapose la lyrique du corps féminin avec l’énergie explosive du corps de l’homme. La relation proposée est ici celle de l’homme envers la nature et des multiples facettes de ce rapport : de l’antagonisme au développement harmonieux.

Dans «As It Fader », les danseurs utilisent singulièrement leur corps comme canalisateur des émotions, de la mémoire personnelle et des idées. Le chorégraphe Kuik Swee Boon transporte son public dans un univers où la beauté des gestes et l’énergie déployée laissent sans voix.

http://www.the-dancecompany.com/

Giulietta Romeo

Le Festival Les Hivernales s’est tenu du 25 février au 3 mars 2012.

 

Les prochains rendez-vous du CDC – Les Hivernales, les Lundis au soleil :
12 mars à 19h00 > retour en image sur le 34eme Festival Les Hivernales
2 avril à 19h00 > Eric Belaud, directeur de la Danse –Ballet de l’Opéra d’Avignon
14 mai à 19h00 > Lionel Hun, chorégraphe
http://www.hivernales-avignon.com/

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

  • Mots-clefs

  • Archives