ANISH KAPOOR / ORBIT : UNE « SCULPTURE OLYMPIQUE » POUR LONDRES 2012

ORBIT / ANISH KAPOOR / Sculpture monumentale pour les JO de Londres 2012.

La commande réalisée par Anish Kapoor pour les J.O. de Londres 2012 ne laisse pas indifférent ! Orbit, un monstre d’acier de 115 mètres de haut sponsorisé par Arcelor Mittal est devenue le symbole de ces jeux mégalos organisés pour 11 milliards d’euros par les britanniques, alors que le pays est plongé dans une récession économique sans précédent.

Orbit, cela dit, n’a quasiment pas coûté un penny aux commanditaires. L’oeuvre est en effet pratiquement entièrement financée par le consortium international propriété de l’Indien Mittal, tristement célèbre pour ses plans sociaux à répétition et sa propension à polluer sans vergogne ni remords. Arcelor Mittal sponsorisant la sculpture gigantesque d’Anish Kapoor, ou la manière de présenter le groupe industriel sous un jour avenant… Et la bête a de la gueule : s’enroulant en torsade autour d’une structure pleine, le monstre d’acier rouge offre une vue à 360 ° sur le site olympique. 115 mètres de haut soit plus d’un tiers de la tour Eiffel, un escalier en colimaçon démesuré desservant la plateforme depuis laquelle la vue sur Londres est époustouflante.

Orbit a été commandée par la Greater London Authority à partir d’une liste de propositions d’artistes, dans le but d’édifier une œuvre d’art permanente pour le Parc olympique. La construction qui a commencé en Novembre 2010 est en voie d’achèvement.

Pour Kapoor, dont les dessins préparatoires montrent clairement qu’il s’en est inspirée, la Tour de Babel est la référence mythologique à laquelle il attelle sa sculpture. Référence à une Babel mythique donc, qui chez Kapoor, trouve vite sa traduction en une oeuvre paradoxale, contemplative et mystique. L’ascencion, la transcendance, sont des thèmes récurrents chez le sculpteur anglais, dans la continuité de sa superbe « elevation » installée à la Biennale de Venise en 2011.

«Je voulais la sensation d’instabilité, quelque chose qui serait continuellement en mouvement. Traditionnellement, une tour pyramidale pour la structure, mais en fait, nous avons fait tout le contraire, nous avons créé une forme fluide, un bobinage que les changements affectent lorsque vous marchez autour de lui. C’est un objet qui ne peut pas être perçu comme ayant une image singulière, de tout point de vue. Vous avez besoin de voyager autour de l’objet, et à travers elle. Comme une tour de Babel, il faut une réelle participation du public  » dit de son oeuvre Anish Kapoor.

Et, continuant : « Il y a une sorte de sens médiéval chez elle, une manière d’aller vers le ciel, la construction de l’impossible. Une procession, si vous le souhaitez. C’est une longue spirale d’enroulement: une folie qui aspire à aller encore au-dessus des nuages, et à quelque chose de mythique »…

En tout cas une oeuvre singulière, dont les JO de Londres peuvent d’ores et déjà être fiers. Une entrée en fanfare dans ce XXIe siècle balbutiant.

Ludivine Michel

Orbit / Anish Kapoor : 2 : dessin préparatoire / 1,,4,5,6 : détails de la sculpture en construction / 3 : la Tour de Babel / Copyright Anish Kapoor 2012.

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