UN ATELIER AVEC JOEL POMMERAT AU THEATRE PARIS-VILLETTE

EXPERIENCE : Un atelier théâtral avec Joël Pommerat / 28 octobre 2012.

Ce dimanche 28 octobre de 14h à 17h, Joël Pommerat a animé un atelier ouvert à tous au théâtre Paris Villette. Devant une salle comble, l’auteur et metteur en scène propose d’improviser autour d’un mot choisi parmi trois proposés: séparation, guerre, procès.

Après un temps de concertation par groupe constitué de deux à cinq personnes, les propositions envahissent tour à tour le plateau. Joël Pommerat livre à chaud ses impressions et oriente de cette manière l’écriture d’un moment exceptionnel. Une exigence commence à poindre : voir naître sur ce plateau un espace d’ouverture, un lieu où tous les possibles pourront s’implanter sans limitations externes à partir d’une situation concrète. Dès lors, toute la difficulté de l’exercice réside dans la tension entre les possibles envisagés et la réalité effective.

D’un côté, il y a la situation concrète, ce mot pensé comme le point de départ d’une écriture possible ; de l’autre, la situation qu’engendre le mot : celle-ci ne doit surtout pas être emprisonnée tant qu’il se peut par un sens restrictif.

Après de multiples tentatives, une proposition attire l’attention. Une femme accompagnée par quelqu’un entre sur le plateau vêtue d’un large manteau, un sac à main à l’épaule. Elle observe attentivement tout ce qui l’environne, elle semble un peu désorientée. Puis comme pour se rassurer d’être dans cet endroit, qui l’impressionne et dans lequel on sent qu’elle pourrait facilement se projeter, elle demande à l’autre individu présent sur le plateau si cet endroit est à lui. L’autre confirme. Là-dessus, elle pose son sac. Un poids en moins, elle remarque alors la grandeur de ce qui l’entoure.

Les répliques se succèdent et conservent cette étrangeté à la fois entre ces deux êtres mais également entre cette femme déboussolée et cet endroit lui étant à la fois étranger et familier. Joël Pommerat peaufine cette proposition et développe ses possibilités pour pouvoir la faire survivre. Contiguë à la réalité du théâtre Paris-Villette, elle fait exister ainsi un espace utopique.

Pendant prés de trois heures, cet atelier si riche au niveau des propositions à cherché à écrire une nouvelle forme possible de théâtre. Une
représentation pensée par le spectateur devenu pour l’occasion un acteur à part entière. Et devant la réalité trop étouffante et assassine, Joël Pommerat fait vivre un théâtre utopique. Il écrit à la manière d’un Théodore Monod une forme où « L’utopie n’est pas l’irréalisable, mais l’irréalisé ».

Quentin Margne

Visuel : « Ma Chambre Froide » de Joël Pommerat / Photo Elisabeth Carecchio

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