RUMEURS DE METEORE, FRAC LORRAINE, METZ

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Rumeurs de météore / Frac Lorraine, Metz / Jusqu’au 11/01/2015.

L’exposition Rumeurs de météore invite à porter un regard sur les changements climatiques, suivant un parcours sensible et poétique. Les artistes mettent en scène un rapport possible et parfois utopique à la nature et une conscience écologique. Chaque espace est ainsi une proposition scénographique d’un paysage.

Le parcours commence avec la poursuite des nuages. Insaisissables, ils suscitent l’imaginaire, saisis par les artistes. L’installation de diapositives d’Iñaki Bonillas joue sur la métamorphose du nuage et matérialise son caractère furtif et ses couleurs changeantes.

Une des salles présente un large panorama de montagnes recouvertes de neige. L’installation Alpine Pride de Julien Grossman offre un paysage à écouter. Nous sommes ensuite invités à contempler les déserts. L’installation au sol d’Alice Aycock, de la boue figée comme une sculpture renvoie à sa condition géologique et industrielle. Le regard du spectateur est attiré parallèlement vers Gaya (E102) Horizon 3 de Latifa Echakhch : une ligne jaune orangé qui semble pleurer fait référence à la terre. Dans la salle suivante, les artistes témoignent de notre environnement envahi par le plastique. Maarten Venden Eynde révèle l’existence du « septième continent », celui du plastique. Avec ses œuvres, boules de neige, sculptures évolutives et à partir de son site Plasticreef.com, laboratoire en quête de solutions, il tente d’éveiller le spectateur à la menace des déchets sur la planète. Au mur, une étrange ligne d’horizon attire le regard. Des participants d’horizons différents ont été invités à (re)créer une œuvre de l’artiste conceptuel Luis Camnitzer : deux lignes parallèles, une réalisée à partir de rebuts et l’autre faite de notes de bas de pages. In situ, cette installation ouvre un nouveau récit, où les déchets acquièrent une nouvelle vie.

Après ce regard artistique critique, nous découvrons comment les artistes modifient notre approche de la géographie et de l’espace. Ils retournent notre manière de lire notre planète et proposent de la voir et de l’expérimenter par rapport à la mer. Álvaro Barrios compose une installation qui redonne à la mer cartographiée sa troisième dimension. Au sol, Dominique Ghesquière a matérialisé une écume quasi imperceptible. Celle-ci rappelle notre fascination pour les phénomènes fragiles et évanescents. Cette attention se retrouve dans la vidéo poétique de Maria Laet, dans laquelle l’artiste noue un contact intime avec le sable.

L’architecte utopiste Yona Friedman laisse la place aux visiteurs. Suivant un protocole, ils sont invités à créer leur nuage, devenant ainsi acteurs d’une pensée éco-poétique. A l’heure des rencontres et des réflexions autour du développement durable, les artistes se font acteurs de la société, agissant comme catalyseurs d’une nouvelle pensée écologique. Les enjeux sur le changement climatique leur offrent ici un terrain d’expérimentation sensible sur leur manière de représenter et d’agir en tant qu’acteurs de l’environnement.

Pauline Lisowski

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Visuels :1- Sonne la neige 2- Parcourir les déserts 3- salle Par-delà les océans / photos copyright : Pauline Lisowski

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