ENTRETIEN AVEC LES FONDATRICES DE « PÈLERINAGE EN DÉCALAGE », LE PREMIER FESTIVAL ISRAÉLO-PALESTINIEN À PARIS.

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ENTRETIEN : festival « PÈLERINAGE EN DÉCALAGE » / la Bellevilloise, Paris 20e / 13-14 juin 2015.

Nées respectivement en France et au Maroc, Inès Weill-Rochant et Kenza Aloui ont monté l’année dernière le premier festival artistique israélo-palestinien à Paris. La deuxième édition a lieu à la Bellevilloise (Paris, 20ème) du 13 au 14 juin 2015.

INFERNO : Pourquoi avoir choisi de nommér ce festival « Pèlerinage en décalage » ?
Inès Weill-Rochant et Kenza Aloui : On voulait avant toute chose que ce festival soit un véritable voyage, mais à Paris. L’idée était également que le titre ne fasse pas mention des noms très connotés d’Israël et de la Palestine. Or, ces deux sociétés partagent aussi un territoire, qui est saint ; le voyage là bas, devient alors un pèlerinage, mais en décalage car la découverte, dans le cadre de ce festival, est culturelle et non cultuelle. Puis, nous souhaitions que cet événement aie l’effet d’un pèlerinage, que l’on en ressorte perturbé ou exalté, mais surtout secoué.

Comment votre projet est-il né ?
Nous étions marquées de la même manière par ce lieu après y avoir vécu toutes les deux. Puis, aucun festival israélo-palestinien n’existait à Paris. Les conférences ou projections que l’on peut voir ici sont souvent politiques et animées par les mêmes intervenants. Il était important pour nous de donner la parole à des artistes, qui ont, eux, quelque chose à dire, mais de manière différente, avec leur langage.

Pourquoi n’avez-vous pas demandé de financements publics pour la première édition de ce festival ?
C’est vrai qu’en général, tous les événements qui touchent à ce sujet sont soutenus par des fonds publics. Nous, au contraire, voulions que notre festival soit indépendant. C’est pourquoi la première édition a été financée grâce à notre campagne de crowd-funding. On pense que c’est aussi important pour les artistes afin qu’ils ne se sentent pas manipulés, utilisés à des fins étrangères. Pèlerinage ne en décalage est un espace de liberté. D’ailleurs, cette année, nous avons seulement sollicité la Ville de Paris.

Parlez-moi de l’identité du festival qui serait liée à un seul territoire mais à deux sociétés différentes.
Nous n’avons pas fait rencontrer deux mondes étrangers, pas du tout. Ce qu’il se passe sur place, nous avons souhaité l’amener à Paris. Il y a un tel niveau de confusion entre ces cultures à la fois extrêmement séparées et profondément imbriquées.

Pourquoi avoir choisi de présenter plusieurs disciplines artistiques ?
Il est vrai qu’il aurait été plus facile de créer seulement un festival de musique. Mais nous pensions que la cohabitation entre plusieurs arts permettrait de toucher davantage de personnes et d’envoyer plusieurs messages d’intensité et de formes différentes. Malgré cela, les artistes ont quelque chose en commun : des projets surprenants, inattendus. Il faut que les gens qui viennent à Pèlerinage en Décalage soient un peu perdus, qu’ils se demandent d’où ça sort.

Quelle a été la réaction à ce festival ?
Tout s’est bien passé… Les réactions hostiles sont souvent liées à une mauvaise compréhension du projet. Nous ne nous auto-proclamons pas sauveuses de l’humanité, pas du tout, ce qui n’est pas évident pour tout le monde. Ce n’est pas un festival de bisounours. Nous ne cherchons pas à faire de la diplomatie, ce n’est pas notre objectif.

Qu’est-ce qui changera dans le deuxième édition de « Pèlerinage » ?
Il y aura de nouvelles disciplines : de la mode, de la sculpture ou de la danse contemporaine. Nous avons également fait venir plus d’artistes femmes, ce qui est important pour nous.

Pensez-vous exporter votre projet à l’étranger ?
Nous aimerions voir ce festival se monter dans d’autres grandes villes. Tu sais, le conflit israélo-palestinien crée beaucoup de tensions, de braquages, de manière indirecte. Nous voulons présenter les choses de façon très concrète, brute, directe. Ici, il n’y a pas d’intermédiaire, et comme on l’a dit : ça secoue.

Propos recueillis par Lou Villand 

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