56e BIENNALE DE VENISE : « INTERNATIONAL POP », L’EXPOSITION QUI PEUT BOUSCULER LE MARCHE DE L’ART ?

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Correspondance à Roma.
56e BIENNALE DE VENISE : International Pop : l’exposition qui peut bousculer le marché de l’art ? par Raja El Fani.

Enfin un signe de changement dans le paysage artistique contemporain : l’exposition International Pop commencée au Walker Art Center à Minneapolis en avril redéfinit tout à coup le Pop Art et tente de regrouper pour la première fois tous les artistes Pop du monde bien au-delà d’Andy Warhol. Un projet ambitieux qui remet en discussion la prédominance du Pop Art américain et s’apprête à relancer le débat en Europe.

Par ailleurs, en Septembre, la Tate inaugurera à Londres World Goes Pop une exposition semblable à l’exposition américaine qui sera répliquée jusqu’en février 2016 à Dallas et à Philadelphie. Une nouvelle ligne culturelle internationale pourrait en somme vite se propager et faire apparaître certaines programmations muséales dépassées.

En Italie, où l’Expo Universelle ouvre enfin ses portes et dévoile son programme artistique, le décalage risque d’être encore plus évident: 7 millions d’euros ont été investis dans l’exposition Arts & Foods de Germano Celant, curator glorieusement lié à l’Arte Povera mais qui a très largement privilégié les artistes américains à la Triennale de Milan où Arts & Foods dure jusqu’en octobre. En automne l’Italie sera à l’heure des bilans et grâce à International Pop il sera finalement plus que légitime de s’interroger sur la pertinence et la validité des choix artistiques officiels.

La curatrice Luigia Lonardelli du musée d’art contemporain Maxxi dessiné par Zaha Hadid à Rome, a curaté la section italienne d’International Pop. Une interview qui nous permet de mieux situer les grands artistes italiens de la 56° Biennale de Venise.

Interview de Luigia Lonardelli (extraits) :

Inferno : Quelles sont les prémices d’une exposition si importante ?
Luigia Lonardelli : Les curators américains du Walker, Darsie Alexander e Bartholomew Ryan, ont contacté une série de consultants d’une dizaine de pays qui ne figurent pas tous dans la liste finale mais ont participé à l’élaboration de l’exposition. Le but était surtout de comprendre le point de vue local, chaque consultant a pu éclaircir certains aspects chronologiques ce qui nous a permis de nous confronter sur la question de la construction d’une identité, une idée embryonnaire dans les années ’60 qui était la suivante: comment la culture globale qui était en train de naître a influencé les identités locales?

Vous voulez dire nationales ?
Oui.

Quelles ont été vos difficultés durant ce travail ?
Par exemple je savais qu’il fallait que j’affronte la question délicate de la Biennale de Venise de 1964. Alors j’ai cherché à raconter objectivement la polémique.

Vous parlez de la Biennale où Rauschenberg remporte le Lion d’or ?
Exactement. C’est important qu’on commence enfin à parler de ce problème. L’américanisation n’est pas limitée à l’art mais vient du Plan Marshall, la question politique a hanté notre recherche en parallèle. Ça a été vécu comme un plan impérialiste en partie à cause de la critique d’art américaine qui imposait un seul point de vue historique. Mais le Walker a tout remis en discussion et maintenant il y a une totale ouverture. J’ai moi-même découvert d’autres réalités artistiques que je ne connaissais pas, comme la Hongrie.

Il manque plusieurs artistes romains: Kounellis, Mauri…
On n’a exposé que six artistes italiens, chaque pays n’a pu choisir que quelques artistes mais dans le catalogue (qui sera publié en juillet) on fait référence à beaucoup plus d’artistes que ceux qui figurent dans l’exposition. Je n’ai pas inclus Kounellis dans l’exposition de peur de le confiner dans une catégorie qui ne représente pas son travail. Pareil pour Mauri que je vois plutôt comme un maître à part entière.

Dans le catalogue, avez-vous fait l’inventaire de tous les artistes Pop italiens ?
Non, il y a beaucoup d’artistes qui ne sont pas Pop comme Pistoletto ou Pascali mais figurent quand même dans l’exposition comme résultat d’une dialectique. Par exemple, la curatrice Darsie Alexander a vu dans l’hommage à Billie Holliday de Pino Pascali une œuvre Pop même si d’un point de vue académique, Pascali ne peut pas être considéré Pop. Pascali et Pistoletto ont refusé de se définir Pop.

Comment définissez-vous le Pop Art ?
Le Pop Art est une manière de réagir à l’entrée dans la modernité qu’on prétendait être un langage commun. Les années ’60 sont une période de grandes certitudes progressistes, il y avait la promesse d’un futur positif pour tous les pays qui auraient accepté l’idéologie occidentale. (…)

Propos recueillis par Raja El Fani

Retrouvez l’intégralité de l’entretien dans le numéro 05 du semestriel papier d’INFERNO, spécial Biennale de Venise, à paraître le 25 juin.

Visuel : Robert Rauschenberg

Comments
One Response to “56e BIENNALE DE VENISE : « INTERNATIONAL POP », L’EXPOSITION QUI PEUT BOUSCULER LE MARCHE DE L’ART ?”
  1. muzhenle8888 dit :

    Loris Gréaud ramène 70 ans d’usine de verre fermée au campiello Della pescheria avec une touche de magie,un plafond magique fait de 1000 pièces uniques de verre soufflé…
    Ce site peut trouver plus d’ oeuvre d’art sur cet artiste:https://lorisgreaud.wordpress.com

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