DANA MICHEL, « MERCURIAL GEORGE », TRANSAMERIQUES MONTREAL 2016

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Envoyé spécial à Montréal.
TRANSAMERIQUES 2016 : DANA MICHEL, Mercurial George – 2, 3, 4, 5 juin – Théâtre La Chapelle.

La poupée qui « non, non, non ».

La performeuse Dana Michel, ancienne sportive de haut niveau, présentait ce 2 juin à La Chapelle de Montréal Mercurial George, son deuxième opus au FTA après Yellow Towel qui a lancé sa carrière devenue fulgurante puisqu’après ce spectacle elle ait figuré dans le top dix du magazine new-yorkais Time Out, reçu un prix spécial au festival ImPulsTanz de Vienne. Dana Michel a été nommée dans le palmarès des meilleures performeuses en 2014 par le New York Times… c’est dire qu’on y allait avec une certaine attente.

La scène est composé de plusieurs micro-espaces qui serviront tout au long du spectacle, mais c’est en rampant torse nu, collant opaque blanc et tennis de la même couleur que Dana Michel rejoint une sorte de longue planche noire recouverte d’un plastique derrière lequel se cache une bouilloire bleue dont l’artiste fera une sorte de tabouret tout à fait improbable.

Devant elle, des sacs noirs dans lesquels s’accumulent quelques objets comme du riz, une racine de gingembre, des bidons en plastiques, des petits objets insolites mais surtout un micro et un projecteur.

Dès qu’elle entre, on ressent une étrangeté… Un instant, on pense même à une aveugle tant les gestes sont sans direction. Très vite, on reconnaît les attitudes et les mouvements des SDF, marginaux sous l’emprise de la drogue ou tout simplement faibles d’esprits qui n’ont d’autre destin que d’être dehors, sans aucun abri ni aucune aide…

Gestes brusques comme si la fonctionnalité moteur était altérée, le tout accentué par le micro qui amplifie et déforme tout. On est devant une scène qui pourrait être gênante si une dimension drolatique ne surgissait parfois de cet imbroglio de bras et des jambes qui cherchent à se mouvoir dans une surface si réduite qu’aucune ampleur d’aucune nature n’est à attendre. Au bout d’un – long ! – moment, Dana Michel passera d’un spot à l’autre ne laissant rien sans utilité dans sa scénographie pré-installée.

Dans cette performance, on retrouve des attitudes qu’on nous a montrées à la télévision et qu’on peut côtoyer nous-mêmes au hasard d’une rue. On voit dans ce personnage titubant en manteau de fourrure court des individus excentriques, qui avancent avec un accessoire qui montre leur décalage dans la société, ici ce sera un chapeau en forme d’escargot…

Tout est contraintes et complications dans ce travail. Aucun trajet, aucune direction prise par la danseuse ne va droit au but. La performance devient laborieuse et fatigue vite l’attention. Tout est du coup un peu attendu puisque tout est à vue et on comprend assez vite que tout ce qui est sur scène va y passer… Pas de hasard.

Même si la performance est intéressante, on n’est pas touché comme on devrait l’être et cela vient sans doute d’une interprétation très extérieure, assez caricaturale, redondante… Les états d’interprétation sont stationnaires… il n’y a pas de variation et pendant une heure tout finit par avoir le même goût…

La pièce s’achève par le retour de la danseuse dans un costume blanc où les Dreadlocks artificiels du dernier tableau sont entourés eux aussi d’un linge. Juste avant une séance de masque – pâte à pain, une voix off dit « I was no body »… « something about an idea, a concept » sans doute… attendons de voir.

Etienne Spaé
à Montréal

Photo Sammy Rawal

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