MONTPELLIER DANSE : LIA RODRIGUES, « PARA QUE O CÉU NÃO CAIA »

lia

LIA RODRIGUES : PARA QUE O CÉU NÃO CAIA – création – Festival Montpellier Danse – Mer. 29 à 18h / jeu. 30 juin à 18h & 21h, ven. 1er juillet à 16h – Opéra Berlioz / Le Corum.

Ne jamais renoncer et se taire…

C’est par cette déclaration que s’achève Para que o céu não caia, la nouvelle création de la chorégraphe brésilienne Lia Rodrigues. Elle lit une brève déclaration dénonçant le coup d’Etat au Brésil, soutenue, comme toujours, par ses danseurs qui brandissent quant à eux de modestes panneaux réclamant la lutte… Tout le travail de Lia Rodriges tient dans ce moment… Engagée et fière de son pays, de son évolution, de ses acquis sociaux, humains, politiques, artistiques.

C’est ce que dit Para que o céu não caia : elle aime le Brésil. Elle nous le montre dans sa diversité, dans sa profondeur. Elle nous donne à voir toute la richesse humaine et cette terre qui recèle tant de richesses.

Lia Rodrigès creuse son sillon et si parfois on retrouve des points communs avec son mentor Maguy Marin pour laquelle elle a dansé de 1980 à 1982, depuis ses premières pièces, elle ne dévie pas de sa route. Elle affirme son idée esthétique et humaniste, mais cette fois-ci elle saute le pas…

Elle a longtemps tourné autour, expérimentant plusieurs formes, mais avec cette pièce, elle n’a pas hésité… Elle plonge le spectateur dans sa danse, dans sa chorégraphie. Elle le déboussole. Elle lui fait perdre ses repères. Elle démontre ainsi la véracité de ce qu’elle veut montrer. Sans arrêt en mouvement pour laisser les dix danseurs évoluer, les spectateurs sur scène avec les danseurs, constatent, comme de simples huissiers de la danse que tout ce qu’ils traversent est vrai. Vécu avec engagement par les interprètes qui vont et viennent d’un bout à l’autre du plateau lui aussi révolutionné par la chorégraphe. D’un coté du café, de l’autre de l’argile… tant d’images qui naissent devant nous sans que les ficelles du théâtre ne puissent être utilisées pour aider en quoi que ce soit Lia Rodriges.

C’est à une expérience sans précédent que nous convie cette artiste authentique… Pour preuve, elle travaille dans la plus grande Favela à ciel ouvert de Rio de Janeiro : Favela del Mare. Il faut être aller là bas pour s’imaginer toute la force et la conviction qu’il faut avoir chaque matin pour s’y rendre et se dire que c’est là, à cet endroit, au milieu des baraquements qu’on doit répéter et faire jaillir des spectacles.

La pièce va crescendo et se termine dans une furie, dans une danse qui oscille entre bacchanale et danse ethnique. Les danseurs donnent tout et, vu la proximité, ne peuvent rien cacher, rien dissimuler. Lia Rodriges a réussi à mettre sur scène ceux qui voient et ceux qui font la danse. C’est un pas énorme. C’est un événement artistique qui va marquer sa trajectoire et les pièces à venir…

Alors, oui, « Danser c’est aussi lutter » et Lia Rodrigues, ses danseurs, tous ceux qui accompagnent ce travail peuvent être fiers de ce combat.

E. Spaé

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