AVIGNON : « HET LAND NOD », REVELATION DU FESTIVAL ?

het land nod

FESTIVAL D’AVIGNON – Het Land Nod – FC Bergman – Parc des Expositions d’Avignon.

Quel régal. Voilà un spectacle typiquement fait pour un Festival. Des gens quasi-inconnus – tout du moins en France ! – une scénographie jamais vue, dans un lieu presque jamais utilisé – et c’est dommage, quel bel espace possible que ce Parc des Expositions d’Avignon.

On entre donc sous le chapiteau – immense, vide, impressionnant comme une cathédrale – du parc des expositions et là on voit une structure en bois posée dans cet espace et dans lequel on nous fait rentrer pour nous installer sur des bancs quelque peu rudimentaires.

On est dans une salle gigantesque ; celle d’un musée, on le comprend assez vite. C’est gris à cause du tissu qui recouvre les parois qui nous entourent, mais très vite, avec les lumières, cela devient vert façon bronze piqué par le temps.

Six personnages en quête de sens se jettent dans un spectacle qui tient un peu de Tati avec des actions burlesques qu’on voit venir et ces moments absurdes comme celui où le contremaitre veut mesurer avec un mètre en bois jaune qui se déplie, la longueur d’une toile dont on saura plus tard que c’est un Rubbens…

Hilarant sans être poussé comme un sketch pour la TV dans vidéo-gag… Le rire surgit tant le personnage fait d’efforts pour ne pas tomber dedans mais finit par nous faire rire tout de même. C’est toujours subtil et truffé de surprises. On se croit poussé dans une voie et hop, elle est sans issue, alors on revient au point de départ et on repart avec les artistes comme dans un jeu vidéo… La force de ce spectacle vient aussi du fait que les concepteurs ne reculement devant rien.

Ils ont vu des photos de ce Musée des Beaux-Arts d’Anvers dont ils s’inspirent pour ce spectacle « le pays du nord » où il y pleuvait pendant la guerre, là juste devant la salle des Rubbens. Qu’à cela ne tienne, il vont faire tomber de la pluie ! et beaucoup. Et c’est beau. C’est d’une poésie incroyable de voir dans le chambranle de cette grande porte de ce Musée qu’il faut refaire, au lointain, dans un contre jour, tomber la pluie !

Plus tard, il faut vraiment sortir cette immense toile de la salle. Pour cela, seule solution, créer une ouverture… et dans un vacarme fou, on va voir une partie du décor tomber… c’est audacieux, sur le plan technique, mais aussi sur le plan de la dramaturgie car ce frottement entre « ils vont le faire » et « ils ne vont pas le faire » tient en haleine… Cette question entre le réel qui se passe vraiment et la fiction du théâtre est très bien posée et habilement utilisée…

C’est une épopée héroïque où la danse a sa place. Elle est vive. Elle est en groupe comme ces hirondelles qui tournent dans le ciel, vivement, toujours avec grâce pour peu que Vivaldi, Mozart ou Nina Simone soient dans le fond sonore, c’est encore plus beau.

L’immensité du lieu, les images qui s’y déroulent, tout est enchantement… On sort de là avec une énergie incroyable, avec l’envie de dire à tout le monde d’y aller et même d’y retourner tellement c’est beau. Une des révélations de ce festival.

E. Spaé

Photo C. Raynaud de Lage / Festival d’Avignon

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