FRANCESC RUIZ, « NO WORDS, 3 WALLS, 3D PORN », FLORENCE LOEWY PARIS

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FRANCESC RUIZ – NO WORDS, 3 WALLS, 3D PORN – Galerie Florence Loewy, Paris – 15 octobre au 17 décembre 2016 – Opening le samedi 15 octobre de 17h à 21h.

Pour sa nouvelle exposition personnelle à la galerie Florence Loewy, Francesc Ruiz questionne et renouvelle son approche de certains des aspects fondamentaux qu’il a développé dans ses derniers travaux. L’emploi de la bande dessinée sous toutes ses formes en tant que matière culturelle dans le contexte de l’art contemporain ; l’exploration des sexualités dissidentes à travers les historiographies cachées du dessin et des comics et l’analyse du statut actuel des médias de masse comme lieu de réflexion où la liberté d’expression et la censure se mélangent à la perpétuation hégémonique d’une certaine subjectivité dominante et à sa destruction. Le titre « No Words, 3 Walls, 3d Porn » est emprunté à trois des outils de communication de masse mentionnés dans le roman de Ray Bradbury « Fahrenheit 451 » : les bandes dessinées sans texte, les murs d’écrans de télévision et les magazines pornos tridimensionnels.

Le point de départ de l’exposition est une série d’images issues de la publication « Fahrenheit 451’s Comic » éditée par Captures éditions et qui sera présentée pour la première fois lors du vernissage. Elle reconstruit un des accessoires du film « Fahrenheit 451 » réalisé par François Truffaut en 1966 : une bande dessinée sans texte que le personnage principal feuillette dans son lit pendant quelques instants. Ce journal de 8 pages contient des illustrations originales de la bande dessinée montrée dans le film et quelques images retrouvées dans les rushes du tournage. Elle a été complétée, après une recherche sur les styles et les auteurs de la période, par des images des feuilletons de James Bond (le film de Truffaut ayant été tourné dans les Pinewood Studios à Londres, avec l’équipe de production des films de James Bond) et par un nouveau contenu afin de mieux comprendre le sens du film et du roman et d’ajouter une nouvelle perspective narrative.

Truffaut n’a pas montré de magazine porno en 3D dans son film, sans doute pour des raisons de censure ou parce qu’il l’estimait inutile à son adaptation de l’intrigue. Cette idée revient lorsque le désir de re-matérialiser un objet virtuel comme cette bande dessinée se concrétise. Tout comme la transformation du texte en image opéré par Truffaut dans son adaptation du roman, nous agissons comme des « prosommateurs » (consommateurs éclairés) contemporains à l’époque où la réalité, virtuelle et augmentée, détermine le futur de notre relation à la technologie dont la prochaine étape se déroule dans le monde matériel et dans la question de comment intégrer le digital dans notre réalité physique.

Cette publication n’est pas seulement une reconstruction subjective de la bande dessinée qui apparaît dans le film mais aussi un exercice de restauration et une réflexion sur son statut en tant que média de masse sous-estimé dans la dystopie de Ray Bradbury.

En parallèle à la reproduction de la bande dessinée, une peinture murale d’un écran de télévision relie les trois murs de l’espace de la galerie Florence Loewy avec l’idée d’un mur-TV enveloppant imaginé dans « Fahrenheit 451 » ; une sorte de télévision interactive qui annonce l’époque d’internet et des grands écrans plats. Cette image ancienne (la mire), reconnaissable uniquement par une génération plus âgée ayant connu le tube cathodique, évoque à la fois la dissolution de la télédiffusion en même temps que son obsolescence.

L’exposition dans son ensemble nous conduit dans divers lieux pour nous parler de technologie, de censure, de futurismes dystopiques, de passés oubliés et de présents saturés. Elle nous parle aussi de la matérialisation du virtuel et de la dématérialisation de nos corps, dans un mouvement herméneutique qui relie un livre, un film et une galerie d’art contemporain consacrée aux publications d’artistes.

Francesc Ruiz est représenté par la Galeria Estrany – de la Mota, Barcelone

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