EMANUEL GAT, « SACRE/GOLD » : REVIVAL


Emanuel Gat : SACRE/GOLD – Le CentQuatre, Paris – Avec le Théâtre de la Ville, dans le cadre de Séquence Danse Paris- 25 > 30.03.2017

Revival

Séquence Danse Paris 2017 offre cette année encore un éclairage sur la danse contemporaine en insistant sur sa dimension « éclatée » – et parfois éclatante – de ses productions démontrant que le champ de la danse appréciée du public va de la danse contemporaine au Hip-Hop. Et ce n’est pas au 104 de Paris qu’on vous dira le contraire puisque, dans toutes les parties communes du bâtiment, d’interminables séquences de répétitions se succèdent rassemblant des danseuses et danseurs de tous âges qui affinent leur geste avant d’aller voir (du moins espérons le ! ) qui Amala Dianor qui présentait sa nouvelle création Quelque part au milieu de l’infini, qui Jacques Gamblin qui joue avec Bastien Lefèvre 1 Heure 23’ 14’’ et 7 centièmes, qui Emanuel Gat en plein revivel de ses pièces d’antan.

Emanuel Gat justement ouvre la série de représentations qui lui est consacrée par une version à cinq danseurs de l’impressionnant octet The Goldlandbergs créé à Montpellier Danse en 2013 et qui finira sa course dans un retour en arrière de plus de dix ans avec un Sacre qui fit connaître le danseur en France.

Sans être certain que Gold, la nouvelle version, apporte autant que The Goldlandbergs tant cette pièce avait alors confirmée la mue du danseur de Liat Dror et Nir Ben Gal en un chorégraphe qui avait compris où et comment placer son geste artistique ; l’exercice qui consiste ici à présenter une œuvre déjà créée, réécrite pour moins de danseurs mais présentée en bi-frontal dans la nef du 104 a quelque chose d’audacieux mais, d’une certaine manière, fait perdre un peu au spectacle initial en ne permettant pas ces profondeurs dans l’immensité du noir comme sur le grand plateau du Quorum de Montpellier.

D’une œuvre à la fois ludique, joyeuse, respectueuse de la musique de Bach et facétieuse avec ces intermèdes en voix off tirés de The quiet in the land du grand Glenn Gould, l’absence de cadre rend les gestes hier profonds identiques à de simples mouvements désacralisés par ce vis à vis du public. Il manque sans doute aussi de prétextes à cette reprise amputée de trois danseurs. Le nombre juste d’interprètes qui permettaient au chorégraphe de jouer sur les ensembles et les diverses possibilités de composition manquent. C’est un peu étrange que, justement maintenant où il est arrivé à ce niveau de maîtrise et de reconnaissance, Emanuel Gat se prive de cette option, un peu comme si Van Gogh au moment de peindre des tournesols se disait, je le fais mais je m’interdis le jaune… cela prive tout de même de beaucoup de choses essentielles… Du coup, nous restons sur notre faim…

En revanche, plus jouissive cette reprise de son Sacre qui rappel le choc reçu lorsque, habitués aux rituels entourant la musique de Stravinsky, Emanuel Gat, tout juste débarqué d’Israël, osait une danse populaire, une jaillissante salsa, pour marquer – à tout jamais – de son empreinte un classique de la danse. Sur un Tapis d’un rouge éclatant qui délimite parfaitement l’ère de jeu – un peu ce qui manque dans la reprise de Gold et c’est assez drôle de voir que, de lui-même Emanuel Gat, sait comment résoudre le problème de sa nouvelle version de The Goldlandbergs – les danseurs vont se livrer à une bataille qui durera tout le printemps. Plaisir immense de revoir Emanuel Gat, plein de vitalité, reprendre ce quintette qui n’a pas pris une ride dans son impertinence face au respect qu’impose la musique de Stravinsky qui apparaît ici presque plus audible et familière au public.

Exercice de style, donc que ces plongeons dans le passé lointain ou immédiat du chorégraphe du coup très attendu lors du prochain festival de Montpellier danse 2017 où il sera au centre d’une programmation qui fait déjà événement.

Emmanuel Serafini

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