JEAN DUBUFFET ET FABRICE HYBER, « hyberDUBUFFET », NATHALIE OBADIA PARIS

JEAN DUBUFFET ET FABRICE HYBER – « hyberDUBUFFET » – Galerie Nathalie Obadia Paris – 18 mai – 13 juillet 2017

«… RENONCE A TON IDÉE D’UNE RÉALITÉ À LAQUELLE IL T’EST IMPOSÉ DE DÉFÉRER LA RÉALITÉ SERA CELLE QU’IL TE PLAIRA D’ÉDIFIER RIEN NE PEUT EXISTER HORS DE CE QU’IL TE PLAIT DE PENSER TA PENSÉE A POUVOIR DE DONNER EXISTENCE ET RÉALITÉ LIBÈRE TOI DE TOUTES LES NOTIONS APPRISES QUI PRÉTENDAIENT T’EN EMPÊCHER…» (Jean Dubuffet, « Oriflammes » 1984 – extrait)

La Galerie Nathalie Obadia accueillera l’exposition hyberDUBUFFET réalisée en étroite collaboration avec la Fondation Dubuffet. Simultanément dans les deux galeries parisiennes, cette exposition donne carte blanche à Fabrice Hyber qui en assure le commissariat.

Suite à une réflexion commune avec Sophie Webel, directrice de la Fondation Dubuffet et de discussions croisées avec Françoise Guichon, conservateur au Centre Pompidou, l’artiste propose un dialogue entre l’œuvre de Jean Dubuffet et la sienne.

Grâce à de nombreux prêts accordés par la Fondation Dubuffet, ainsi qu’à l’aimable implication de collectionneurs privés, l’exposition hyberDUBUFFET présente une variété significative d’œuvres majeures mais également plus intimes issues de diverses périodes de leurs carrières respectives.

J’ai soutenu cette proposition d’une exposition hyberDUBUFFET auprès des membres de la Fondation par rejet des confrontations de plus en plus fréquemment proposées dans les musées ou les galeries entre les œuvres de deux artistes. Dans certains cas la confrontation a un sens – le plus souvent historique (nous avons nous-mêmes accepté de jouer le jeu pour une exposition Chaissac/Dubuffet lors de la parution de leur correspondance) mais bien souvent cela se résume à un accrochage – parfois très réussi il est vrai – dont les rapprochements formels sont la base.

Ce projet hyberDUBUFFET est tout autre, car les rapprochements n’ont rien de formel (ou très peu) mais sont basés sur une intuition de Fabrice Hyber que son mode de « penser l’art » a des équivalences avec celui de Dubuffet. Nous lui avons laissé carte blanche pour le choix des œuvres, intervenant très peu dans ce choix si ce n’est pour préciser la place de celles-ci dans le développement des travaux de Dubuffet.

Il est d’autre part crucial pour une fondation comme la nôtre, plus de trente ans après le décès de l’artiste, de s’ouvrir à une nouvelle génération. Si celle des jeunes chercheurs ou conservateurs a déjà trouvé le chemin de la rue de Sèvres, inviter un artiste à regarder les œuvres de Dubuffet a toujours fait partie de nos projets.

A défaut d’une exposition dans nos murs, en cours de rénovation, la magie a opéré en sens contraire, car c’est l’artiste qui invite finalement Dubuffet !

Et pour celui qui pourfendait « l’asphyxiante culture », comment ne pas se réjouir de ce dialogue entamé par Fabrice Hyber, esprit tout aussi libre animé par une pensée anti-conventionnelle. Sophie Webel
Directrice de la Fondation Dubuffet

Les surprises de la matière

hyberDUBUFFET est une intuition née dans l’esprit de Françoise Guichon (créatrice du CIRVA, Conservateur du Design au Centre Georges Pompidou). En discutant avec Hyber qui avait l’habitude qu’on l’associe à Gaston Chaissac (vendéens tous les deux) – l’analogie devenait peu à peu polymorphe. L’exposition hyberDUBUFFET présentée dans les deux galeries de Nathalie Obadia du 18 mai au 13 Juillet 2017, donne à voir les dialogues féconds qui unissent l’œuvre de ces deux artistes.

Hyber comme Dubuffet s’attachent à l’invention d’un espace de création et d’innovation permanente (Robert Filliou et son concept de création permanente est une autre référence pour hyber).

Tous deux ont une activité compulsive : le brainstorming chez hyber et l’enchevêtrement des formes chez DUBUFFET.
En développant leurs œuvres, ils créent des systèmes multipliant les allées et venues entre la matière et l’image qui se nourrissent l’une de l’autre.

Ils produisent intensément et abondamment. Face au vertige provoqué par leur œuvre, qui explore une diversité de média et de pratiques, ils mettent très rapidement au point une encyclopédie raisonnée (pour hyber) et un catalogue raisonné (pour DUBUFFET) de leurs travaux. La mise en ordre de leurs univers artistiques succède à leur désir terrien et pragmatique de tout comprendre, de la maîtrise de la production à la diffusion de leur œuvre.

Les échanges fréquents et les visites à la Fondation DUBUFFET ont trouvé un écho favorable et enthousiaste pour cette démarche et permis ce projet. L’idée est née alors chez Nathalie Obadia de proposer ses deux galeries parisiennes pour permettre à hyber de retrouver, à travers un accrochage, les points de friction entre les deux œuvres, qui peuvent devenir des fictions !

Hyber dessine des attitudes et des projets puis fabrique les éléments qui les rendent possibles. Il essaye d’aller au-delà des arts par le biais de la recherche et de l’entreprise qu’il a d’ailleurs mises en scène depuis le début des années 1990, en inventant des systèmes permettant de nouveaux espaces de création.

DUBUFFET a rejeté l’ordre établi des arts dits « culturels » en élaborant une œuvre en marge des conventions, stimulé en cela par ses recherches sur l’Art Brut. Convoquant les forces d’un art célébrant l’homme du commun, Dubuffet traite la ville comme une aire de jeu.

Cette exposition est pour hyber le lieu de recherche et de rencontre de son œuvre avec celle de DUBUFFET. Hyber nous montre les moments où il dépasse les bornes en retrouvant chez DUBUFFET des intonations extrêmes, éliminant toute ressemblance avec les formes artistiques connues. La matière ou le langage sont chez les deux artistes en constante osmose. Les deux étages/niveaux de leurs actions sont en permanence mis en scène.

L’image est réelle chez les deux : «Le virtuel fait partie du réel» (hyber).

Hyber organise l’accrochage de ses œuvres et celles de DUBUFFET à partir de dialogues suggérant de possibles ouvertures ou spéculations qui sont le propre de leurs méthodes. Ces juxtapositions, parfois surprenantes, résultent du désir de retrouver les étapes de recherches, le processus de création où des intuitions suscitent des formes qui appellent d’autres intuitions… L’œuvre s’enrichit de l’œuvre.
L’exposition devient un jardin d’expérience à la recherche d’un équilibre toujours remis en question par la matière et ses surprises.

Par des rapprochements formels et fonctionnels, hyber met en place une lecture de l’œuvre de DUBUFFET, en jouant le scénario ou l’atelier. Il nous fait déborder des limites habituelles de l’art comme l’a fait DUBUFFET en son temps. Il cherche à montrer les implications de DUBUFFET dans les fonctionnements de nos contemporains.»

image: Fabrice Hyber au travail – L’Artère – Monterrey, Mexique, 2003

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