TRANSAMERIQUES 2017 : DAINA ASHBEE, « POUR »


Montréal, envoyé spécial.
FESTIVAL TRANSAMERIQUES 2017 – Daina Ashbee – « POUR ».

Contre.
Daina Ashbee est issue de la communauté autochtone à savoir celle des premiers habitants du continent qui n’étaient autres que des Indiens. Sa mère est Neerlandaise. Cette toute jeune danseuse nous convie pour la reprise de Pour que le FTA a cru devoir re-présenter au public… Pas sûr que ce fusse une bonne idée.

Daina Ashbee nous fait entrer dans une salle plongée dans le noir. On entend des bruits, plutôt des cris. Soudain, sans que rien ne le laisse prévoir, la lumière aveuglante prend le spectateur comme le lapin dans les phares d’une voiture. Epreuve pour les sensations. Recherche de la correspondance avec ce que peuvent vivre les animaux.

Mettons. Paige Culley, l’interprète de POUR, est plantée au bord de la scène. Autour d’elle un sol blanc fait de plusieurs plaques légèrement brillantes. Elle est seins nus, porte un jean. Elle est face à nous, immobile, insolente, stoïque, très belle jeune femme. Elle fait glisser son pantalon. Apparaît totalement nue, le remet pour aller se placer côté cour et entamer la – maintenant – fameuse danse du phoque… Bien entendu, on pense immédiatement à la danseuse belge Lisbeth Gruwez dans la pièce de Jan Fabre Quando l’uomo principale è una donna où enduite d’huile d’olive, elle entame une danse au sol mémorable, sensuelle et cruelle… On aurait aimé retrouver cette sensation, mais il n’en est rien car tout est tellement extérieur, posé, en représentation qu’on ne croit pas une seconde à ce qui se passe. Le pire étant les cris de la danseuse façon phoque sur la banquise… A la fin, n’en pouvant plus d’essuyer le plateau de son corps, Daina Ashbee finit par une interminable série de petits pas au bord de la scène de gauche à droite puis de droite à gauche… Si au moins cette idée que les menstruations des femmes l’avaient inspirée avait été exploitée, on aurait pu voir du sang, quelque chose qui puisse rappeler, pour un peu d’émotion, le massacre des bébés phoques sur la banquise… non, rien… Daina Ashbee rate son coup. Bien de sa personne, elle ne doit pas penser s’en satisfaire car la pièce sitôt montrée a un air de « déjà vue » et c’est dommage parce qu’avec une présence moins truquée, une composition mieux construite et surtout moins littérale, le sujet était intéressant, l’expérience utile.

Emmanuel Serafini

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