hTh : APRES DIEU RODRIGO, LA Cie DU ZIEU A LA TÊTE DU CDN DE MONTPELLIER

Nouvelle direction au hTh, CDN de Montpellier.

« Il y a une vitalité de la langue qui modifie notre rapport au monde. Il nous faut des poètes qui ont un amour profond du fait théâtral ».

Nathalie Garraud et Olivier Saccomano écrivent ensemble depuis 12 ans et travaillent en troupe, c’est à dire au quotidien avec des collaborateurs artistiques (acteurs, plasticiens…) qui sont pleinement impliqués dans la création des œuvres. La nouvelle direction bicéphale du Centre Dramatique National de Montpellier a présenté ce 13 Février le projet artistique à la presse devant la porte du théâtre, à la frontière de la salle.

Le point de départ du projet du CDN est un projet de décentralisation avec une troupe pour un territoire donné, dans un rapport permanent avec le public. La permanence artistique est un des points phare du projet, avec l’exigence de l’accueil des artistes.

Il y aura des artistes associés, produits, présentés. La saison prochaine se construit au fur et à mesure et sera rendue publique au mois de juin.

La rencontre se fait dans une grande douceur, une parfaite et pure déclaration d’amour au théâtre (l’art comme le lieu), à l’équipe de permanents, à la recherche contemporaine, à Rodrigo Garcia, le précédent directeur. Celui-ci avait impulsé rage et insultes, voici venu le temps de la tendresse. Ce changement radical dans l’ambiance sonne comme un pied de nez des tutelles à l’histrion ibérique qui n’a pas réussi à convaincre des tutelles (État et Métropole principalement) trop mercantiles, trop fières et trop éloignée des problématiques artistiques.

La permanence artistique, invoquée par la metteuse en scène Nathalie Garraud et l’auteur Olivier Saccomano, se décline sur trois points : une équipe permanente, des artistes invités sur un temps long pour des répétitions autant que des représentations et des équipes associés.

1) La troupe : C’est là qu’est né et que se développe le projet. Les acteurs et actrices sont pleinement associés à la vie du théâtre. Il y aura deux spectacles présentés par la troupe permanente et ce sera des pièces en itinérance pour aller à la rencontre des publics là où ils se trouvent sans attendre qu’il prenne les transports en communs qui desservent mal la salle. Les pièces présentées sont au répertoire de la compagnie du Zieu, une variation autour d’Hamlet et Ceux qui grondent, pièce pour les salles de classes. C’est un moyen de présenter les artistes nouvellement nommés tout en allant au contact des gens, du territoire.

2) Les artistes invités : Les équipes viendront un mois et présenteront entre une à trois pièces avec aussi des temps de répétitions et de rencontres. On cherche à sortir de la consommation pour aller vers l’hospitalité, aussi bien hospitalité envers les artistes, qu’envers le public. Les lieux du CDN ont vocation à être occupés pleinement par les artistes qui viendront par exemple répéter le matin, animer des rencontres ou des ateliers l’après-midi, jouer un autre spectacle le soir. Il y aura autant de levés de rideaux que cette saison, c’est à dire peu, mais avec des séries plus longues. Reste à savoir si le public suivra. Depuis le mandat de Jean-Claude Fall, il n’y avait plus eu de séries aussi longues de représentations. On souhaite de tout cœur que le public, échaudé par la valse des directions depuis dix ans, soit au rendez-vous dès le départ. Nous verrons donc huit équipes présenter leur travail entre octobre et mai. Il s’agit bien de réactiver des rapport d’intelligence avec les artistes, plus que des accords marchants. La direction du CDN cherche donc à sortir de l’achat de spectacle pour créer une programmation mais de penser l’hospitalité et l’attardement avec une équipe qui restera un mois entier sur le territoire.

Les écritures contemporaines seront au centre du projet. Le répertoire sera celui des compagnies, du XXIe siècle et si un texte classique sera présenté, ce sera dans une réécriture d’aujourd’hui.

Outre le projet du quotidien, il va se créer un cercle de relations entre Palerme, Beyrouth, Montpellier pour tisser des liens entre les artistes méditerranéens. Est en train de se construire une biennale méditerranéenne. La suite au prochain épisode.

3) L’ensemble associé : six personnalités seront présentes pendant quatre ans, soit tout le mandat. Ce sont la metteuse en scène Marie Lamachère, l’auteur Dieudonné Niangouna, la créatrice Emma Dante, le collectif Zoukak qui vient de Beyrouth, le chercheur Oliver Neveux et la chorégraphe Mylène Benoît.

Une équipe basée en région sera présente chaque année dans la programmation, avec les mêmes conditions que les autres équipes. Il va se créer un principe d’accueil du fait d’un choix artistique radical et clair mais il y aura aussi un protocole de résidence qui permettra que le lieu soit ouvert aux compagnies et équipes artistiques principalement locales (mais pas que). Les règles de fonctionnent seront claires, les chartes sont plus saines que la loi du désir qui crée de facto de la suspicion de connivence ou de copinage.

Inferno : Parlez-nous du territoire que vous allez arpenter :

Nathalie Garraud : « On aborde le territoire avec le même état d’esprit que pour l’accueil des artistes. Comment fait-on pour que le CDN, structure très particulière sur le périmètre de la région, du département, de la métropole, qui a des missions et nous avons l’obligation de faire du tuilage avec d’autres structures, fasse l’accompagnement des artistes en région, puisse associer les gens… On est dans une logique de diagonale, à tous les endroits. Les artistes qui présentent un spectacle dans la grande salle peuvent aller en itinérance après. On veut sortir de la logique des cercles pour aller dans une logique de diagonal. »

Olivier Saccomano : « Il y a des passerelles à construire. Chaque lieu a sa singularité mais ça n’empêche pas les croisements, à des points de nouage précis. Il va s’en construire plein d’autres mais une des premières propositions c’est la biennale des arts de la scène en méditerranée. Nous voulons associer un grand nombre de partenaires. La biennale aura lieu en 2020 et là, l’idée est vraiment de demander à nos partenaires de s’associer dans le cadre de la programmation pour permettre au public de rencontrer diverses propositions émanant du bassin.

Nathalie Garraud : « Nous avons vraiment l’envie de permettre à des artistes de se rencontrer autour du bassin méditerranéen. Nous avons beaucoup travaillé dans le monde arabe. C’est avant tout des rencontres avec des artistes et des producteurs qui, lors de la biennale, s’associeront pour présenter l’œuvre de tel ou tel artiste issue du territoire méditerranéen. Le projet du CDN c’est des rencontres mais aussi de générer des projets ensemble. Des projets de créations, de résidences, de traductions… »

Bruno Paternot

On peut voir la dernière création de la Cie du Zieu : A mains levées LA BEAUTE DU GESTE, 30 et 31 janvier, Châteauvallon – Scène nationale / 28 au 30 mars, Le Théâtre du Bois de l’Aune – Aix-en-Provence

image copyright Izumi Miyazaki

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