PEEPING TOM À LA BIENNALE DE LYON : COMMENT SURVIVRE EN MILIEU HOSTILE ?

Biennale de Danse de Lyon : « 31 rue Vandenbranden » – Gabriela Carrizo et Franck Chartier – Peeping Tom avec le Ballet de Lyon

Comment survivre en milieu hostile ?

On avait déjà eu l’occasion de voir ce 32 rue Vandenbraden par la compagnie Peeping Tom elle -même, adepte dès leurs débuts de mobile-homes. Les chorégraphes Gabriela Carrizo et Franck Chartier reprennent cette pièce de 2009 – et changent le numéro de la rue ! – pour les danseurs du Ballet de Lyon.

De part et d’autre du plateau, des maisons éphémères, posées sur de la neige, on suppose que cela glisse. Un ciel sombre, plein de nuages sert de voute céleste à l’ensemble. Pesant, lourd, sans joie apparente, une environnement hostile. Ces deux caravanes vont être le centre de multiples scènes, autant de moments de vies qui traînent un peu en longueur.

Une quinzaine de danseurs vont agir les uns avec les autres, les uns contre les autres et montrer une tranche de vie, celle de ces gens qui occupent ce genre d’habitations dans un paysage aride, des gens qui semblent modestes, confrontés à la dureté de la vie. On pense tout d’un coup à Tristesse de la belge Anne-Cécile Vandalem qui montrait aussi la vie sur une île aride et isolée du monde avec aucun espoir d’en sortir, comme ici.

Quelques images marquent telle cette arrivée sur le dos d’hommes transformés en montures ou cette chasse qui fait tomber ces animaux allégoriques imbriqués comme le yin et le yang ou encore cet allaitement, sorte de Morse sur la banquise.

On retiendra aussi les musiques et les quelques bribes de L’oiseau de feu de Stravisky. On sera subjugué par la qualité virtuose des moments dansés – mais n’est-on pas au Ballet de Lyon, l’une des meilleures compagnies de danse au monde ! – On sera charmé par la mezzo soprano Eurudike de Beul dont la voix chaude et puissante sature la scène dès qu’elle chante. Pas assez cependant pour faire taire l’ennui qui nous saisit et regretter la longueur de la pièce qui semble comme un peu trop lourde, de par sa théâtralité originelle, jusqu’aux aux danseurs du Ballet de Lyon qui finissent tout de même par une ovation, comme quoi…

Emmanuel Serafini

Photo Michel Cavalca

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